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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

La France cache sa politique de ségrégation derrière le vocabulaire de la Révolution française (Noël Mamère)

11 Mai 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Quartiers populaires, #Discriminations

La déclaration de Manuel Valls sur l’apartheid territorial, social et ethnique a déclenché un débat sur les quartiers populaires qui mérite d’être poursuivi. Pour une fois, je ne serai pas en désaccord sur les termes employés par le Premier ministre. Il y a effectivement un apartheid, c’est à dire la ségrégation organisée d’une partie de la population de notre pays. Ce terme se justifie de deux manières :

  • Une partie des quartiers populaires, notamment dans la jeunesse d’origine immigrée, se considère comme reléguée, victime d’une accumulation de discriminations et parquée dans des cités stigmatisées médiatiquement.
  • Ce « développement séparé » est le produit de politiques publiques décidées par l’Etat. Force est de constater aujourd’hui que les énormes budgets consacrés à la politique de la ville ont principalement servi à repeindre les cages d’escaliers plutôt qu’à s’attaquer de façon globale aux questions de formation, d’emploi, d’éducation, de logement. Or ces questions sont centrales.

L’apartheid urbain ne date pas d’aujourd’hui. Il est le produit de la désindustrialisation des banlieues depuis la fin des Trente Glorieuses, de l’instauration d’un chômage de masse et du développement de l’emploi précaire. Des dizaines de milliers de familles sont passées dans l’ère de la grande pauvreté. Des générations de chômeurs se succèdent, de père en fils, produisant une société parallèle avec son économie souterraine.

L’Etat laisse les élus locaux gérer de manière clientéliste une situation sur laquelle ils n’ont pas les moyens d’agir. Il est plus facile d’organiser la gentrification et la constitution de zones résidentielles que de répondre aux besoins des couches les plus déshéritées de la population. Le « Plan Marshall » revendiqué par les candidats à chaque présidentielle n’a jamais été mis en œuvre. On a laissé pourrir sur pied les grands ensembles de plus en plus paupérisés, poussant les quartiers populaires à se replier sur eux-mêmes pour mieux exorciser un fort sentiment d’abandon renforcé par un discours idéologique aussi irresponsable que dangereux.

Manuel Valls, pompier pyromane

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