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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Les chrétiens d’Orient, un enjeu politicien français (Pierre Prier)

7 Mai 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Proche et Moyen-Orient, #Politique française, #Extrême-droite

Le malheur des « chrétiens d’Orient », chassés par les djihadistes de l’organisation de l’État islamique en Irak et menacés en Syrie, est devenu en France l’objet d’un enjeu politique qui les dépasse souvent. Ils effraient les adeptes d’une laïcité de combat et attirent des sympathies douteuses à l’extrême droite. Dans l’opposition comme dans le gouvernement, ils réveillent les souvenirs révolus d’une « France protectrice » des minorités. Au grand dam de l’Église catholique française et des chrétiens d’Orient eux-mêmes, qui s’inquiètent de ces confusions.

La notion de « chrétiens d’Orient » regroupe sous la même catégorie des groupes disparates sur le plan religieux, et qui sont d’abord des citoyens de tel ou tel pays de la région, aux situations variées.
Au Liban, où ils représentent environ 35 % de la population, ils participent officiellement aux institutions, selon le pacte qui réserve la présidence de la République à un chrétien maronite.
En Égypte, les coptes (environ 10 % des nationaux) sont pratiquement exclus des hauts postes de l’administration et de l’armée, et rarement autorisés à construire des églises.
Ultra-minoritaires dans le reste du monde arabe, les chrétiens recherchent la protection des pouvoirs en place.
En Israël, ils partagent le sort de leurs concitoyens musulmans, restés comme eux après 1948 et citoyens israéliens sur le papier, mais marginalisés de fait.
En Palestine, les chrétiens ont été à la base des partis de gauche prônant le nationalisme arabe.
En Syrie, leur hiérarchie est placée sous le contrôle du gouvernement, qui valide la nomination des évêques.
En Irak, ils se placent sous la protection des Kurdes après avoir été chassés de Bagdad, puis des grandes villes du nord par Al-Qaida et ensuite par l’organisation de l’État islamique.
Enfin, les diasporas sont nombreuses aux États-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Australie et en Europe.

Monastère Saint-Thomas à Saidnaya, près de Damas (Syrie). 2004. Droits réservés

Monastère Saint-Thomas à Saidnaya, près de Damas (Syrie). 2004. Droits réservés

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