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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Soutien à la Palestine : la question des alliances

24 Mai 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Solidarité en France, #Antisémitisme et négationnisme, #Extrême-droite, #Soral, #Dieudonné

Deux articles qui posent de bonnes questions.

Extraits :

A cette fin, il n’est pas inutile de rappeler quelques basiles qui peuvent guider et clarifier le positionnement des acteurs engagés dans la défense de la cause palestinienne, afin d’apporter des éléments de réponse à cette question : « à quoi faut-il veiller pour un engagement militant cohérent et conséquent ? »

1) Il s’agit d’accorder une attention particulière aux sources bibliographiques et numériques utilisées pour notre combat. Au-delà du fait qu’ils diffusent beaucoup de fakes et de propos délirants, les sites antisémites et complotistes sont devenus « champions » dans la reprise d’articles « sérieux » et « intéressants » – qu’ils copient-collent sur leur site pour gagner de la crédibilité et pour élargir leurs réseaux. Il importe donc de ne pas céder à cette technique de manipulation « classique » des mouvements d’extrême-droite : on ne reprend pas un article même pertinent sur un site qui est par ailleurs antisémite et/ou négationniste et/ou soutenant explicitement d’autres situations d’injustice par ailleurs (par exemple certains régimes dictatoriaux au Proche Orient ou ailleurs dans le monde). Tout simplement parce que ces sites sont incompatibles et même hostiles au combat démocratique et pour la justice que nous menons.

2) Dans le même esprit, et de manière transversale, la justesse de l’imagerie mobilisée pour notre engagement militant est essentielle. En ce qui concerne la défense de la cause palestinienne, il s’agit de veiller aux représentations et à la symbolique utilisées, de manière à éviter tout registre « ethnique », tout cliché raciste et/ou historiquement chargé (les juifs banquiers, les juifs qui tirent les ficelles, les images et symboles évoquant le génocide juif et le nazisme, etc). Le registre symbolique choisi est en effet révélateur de la matrice de notre discours et de notre engagement : en venant « polluer » un combat avec des références lourdes de sens d’un point de vue mémoriel et sémantique, on prend le risque de détourner une action politique vers un discours de haine et de stigmatisation.

3) Parallèlement, l’attention aux mots, au vocabulaire utilisé est fondamentale. L’enjeu, encore une fois, est de veiller à n’entretenir ni l’ « hyperbolation », ni l’essentialisation, ni l’instrumentalisation mémorielle, et de bannir toute référence antisémite. Plus encore, il convient de redonner sens aux mots, en ne jetant pas en pâture une terminologie non-clarifiée auprès des personnes qui l’utilisent. A cette fin, l’exigence en termes de connaissance des enjeux est fondamentale : revenir sur l’histoire du conflit, sur la définition du sionisme, sur les différents acteurs en présence, sur une meilleure connaissance des sociétés civiles palestinienne et israélienne (etc.) permet de ramener les choses au « réel » et non à la « projection ». A cet égard, l’importance de la formation et de l’apport d’une information de qualité dans les écoles, auprès des acteurs sociaux, des militants, des politiques (etc.) est essentielle.

Le succès des discours conspirationnistes et antisémites sur le net interpelle et inquiète. Sous des détours de « discours alternatifs » et de « liberté d’expression », la nébuleuse complotiste remet au goût du jour les discours d’inspiration fasciste, en ce sens qu’elle remobilise les discours totalitaires, xénophobes, populistes et négationnistes, jouant sur l’émotion collective et sur le pouvoir de fascination qu’elle exerce auprès de ses adeptes et de ses détracteurs.

A l’origine de cet élan réactionnaire, il y a sans nul doute une crise de confiance majeure des citoyens : dans les médias, dans le discours politique, dans la perspective d’un essor économique, et plus largement dans la société qui les entoure. Et si les gens s’identifient à ce discours à des degrés divers – un peu, beaucoup ou totalement – et pour des raisons différentes, il reste une réalité : il  s’agit d’un retour en force des idées opposées à l’émancipation sociale, et d’une menace pour le combat démocratique et progressiste. 

Mais pourquoi un tel succès ? Sur quelles vagues cette « nouvelle » extrême-droite surfe-t-elle ? Sur quelle mythologie, quelles croyances, quels postulats de base, quels  fondamentaux, ce système de pensée, s’autoproclamant « dissident », s’est-il érigé ? Sur quoi cette mouvance s’appuie-t-elle pour construire, fonder son discours ? Tentative de décryptage.

Nous analyserons d'abord ce que nous avons appelé la mythologie de la dissidence pour nous pencher ensuite sur le sens de cette fameuse posture anti-système, sur les publics les plus touchés et pour terminer par les raisons qui nous amène à être critique sur ce phénomène. 


Il est à noter que de nombreux éléments que nous développerons dans cette analyse sont aussi transposables à l’extrême-droite islamophobe. Quelqu’un comme Eric Zemmour, par exemple, surfe abondamment sur les éléments sémantiques et langagiers que nous développerons dans ces pages. Il s’agit donc d’un climat général de montée des haines et des discours réactionnaires, qui dépasse les frontières de la mouvance que nous évoquons.

 

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