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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Chibanis et Chibanias, mémoire des luttes (Saïd Bouamama)

26 Août 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #FUIQP, #Étrangers et immigrés, #Racisme

Chibanis et Chibanias, mémoire des luttes (Saïd Bouamama)

Les Chibanis

Avec la question des chibanis, nous allons aborder un sujet qui provoque toujours en moi, comme chez beaucoup d’entre nous, une émotion toujours vive. Sujet quasiment identitaire que le sort qui est fait à nos chibanis et chibanias, c’est à dire à nos anciens. Et ce sort, c’est carrément celui fait à l’immigration.

L’immigration représente la partie la plus opprimée des classes populaires, celle qui est victime en premier lieu du système social. Après avoir vécu ce que ça coûte d’émigrer, les chibanis connaissent aujourd’hui, au moment de la retraite, le coût d’une oppression supplémentaire qui se cumule à celui de toute une vie. Ce qui arrive à l’âge de la retraite est à la fois le révélateur et le résultat d’une vie d’oppression et de surexploitation.

Toutes ces exploitations, toutes ces brimades qu’ils ont dû endurer, finissent par avoir des effets sur le corps et sur la psyché et l’on pourrait s’attendre à ce que, l’heure de la retraite venue, nos chibanis et chibanias, soient laissés tranquilles par ce système social d’oppression.

Ce n’est nullement le cas, comme si nous étions des pestiférés, même au sortir de l’entreprise, en fin de vie, ils ont à se confronter à une série d’obstacles et de blocages que l’on dresse sur leur chemin et qui fragilisent encore plus leur situation, si bien qu’ils ne peuvent pas vivre leur retraite comme ils le souhaitent.

Si nous ne sommes pas capables de faire nôtre la lutte pour le droit des chibanis, cela voudra dire que nous ne sommes pas capables de nous emparer de nos propres droits et de les faire respecter.

La mémoire des luttes

Ce thème figure également au programme : le lien avec les chibanis est évident tout comme le rôle de la mémoire est prépondérant pour les luttes à venir.

L’immigration s’est toujours battue. C’est valable aussi bien quand on regarde l’histoire française, que quand nous faisons référence aux pays d’où nous venons. Dans l’immigration, la domination n’a jamais été acceptée - c’est d’ailleurs le cas pour toutes les dominations. Dès la première capture d’esclave, il y a eu résistance, dès que le premier militaire a mis le pied en vue de la colonisation, il y a eu résistance – jamais une domination n’a pu s’exercer sans qu’il n’y ait eu résistance.

Il est dans l’histoire, des moments dans lesquels la mémoire des luttes ne se transmet pas, laissant les nouvelles générations dans la contrainte et l’obligation de tout refaire, de tout réinventer.

A l’inverse, dans la mémoire des luttes, il en est qui font jonction. En ce sens les chibanis ne sont pas seulement des gens qu’il faut soutenir, ce sont aussi des gens qui se battent car même à leur âge, ils sont contraints de continuer le combat et leurs luttes passées comme actuelles, nous devons les intégrer pour qu’elles prennent toute leur place dans notre mémoire.

Récemment, on a fêté, enfin on a prétendu fêter, en le dénaturant et en le caricaturant, un grand moment de ces luttes, la Marche pour l’Egalité et contre le Racisme. Ce matin, nous étions fiers d’accueillir Youcef, un des marcheurs de 1983. Farid nous a rejoints. Nous avons donc l’honneur d’avoir deux représentants de la Marche pour l’Egalité qui assureront la transmission de la mémoire et un nécessaire passage de témoin.□

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