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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Houellebecq, Céline et les parasites. (Memorial 98)

27 Août 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Antisémitisme et négationnisme, #Islamophobie

Houellebecq, Céline et les parasites. (Memorial 98)

"La notoriété sécrète ses parasites; mépriser les parasites sous prétexte qu'on se sent supérieur à eux, ça ne marche simplement pas... Louis-Ferdinand Céline était médecin, et là-dessus il avait la même position que mon dermatologue".

 

Ces déclarations ont été faites par Michel Houellebecq , dans le cadre d'une attaque de l'écrivain contre le journal Le Monde, et spécifiquement, l'une de ses journalistes Ariane Chemin, coupable de lui avoir consacré une série d'articles sans son accord.

Bien évidemment, l'appel à l'élimination des journalistes est transparente, et le fait qu'elle se fasse sous couvert d'une métaphore relevant de l'imagerie médicale est déjà en soi connoté politiquement. Y ajouter la référence à Céline, c'est s'assurer que les choses soient encore plus claires et indiquer qu'on se réfère bien aux thèses d'extrême-droite les plus violentes.

D'autres que Houellebecq, moins célèbres, moins adulés, auraient sans doute fait l'objet d'une médiatisation un peu plus grande de leurs propos et de leur signification précise; nul doute que le caractère antisémite de cette déclaration eût au moins été questionné. Mais même dans sa réponse, Le Monde ne prononce pas ce mot là et n'évoque d'ailleurs même pas la référence célinienne.

Or, il n'est pas très compliqué de trouver quelques exemples de la prose de Céline et du contexte dans lequel celui-ci emploie le terme parasite.

Dans "Bagatelles pour un massacre", par exemple, son pamphlet antisémite le plus célèbre, publié en 1937: :« Les Juifs hybrides afro-asiatiques, quart, demi-nègres et proche-orientaux, fornicateurs déchaînés, n'ont rien à faire dans ce pays. Ils doivent foutre le camp. Ce sont nos parasites inassimilables, ruineux, désastreux, à tous égards, biologiquement, moralement, socialement, suçons pourrisseurs. Les Juifs sont ici pour notre malheur. Ils ne nous apporteront que du malheur […] Nous nous débarrasserons des Juifs, ou bien nous crèverons des Juifs, par guerres, hybridations burlesques, négrifications mortelles. Le problème racial domine, efface, oblitère tous les autres. ».

Il est vrai que le mot, dans le racisme biologique délirant de Céline désigne plus globalement ce dont le Juif est pour lui l'émanation la plus dangereuse, le métis: ainsi , dans un autre extrait, où il développe l'idée que le cinéma est totalement contrôlé par les Juifs, on trouve ce paragraphe, encore une fois typique de son obsession biologique, qui est aussi celle des nazis

« Zone Sud, zone peuplée de bâtards méditerranéens, dégénérés, de nervis, félibres gâteux, parasites arabiques que la France aurait eu tout intérêt à jeter par-dessus bord. Au-dessous de la Loire, rien que pourriture, fainéantise infects métissages négrifiés. ».

Les défenseurs de Houellebecq répondront sans doute que celui-ci ne peut-être accusé de faire référence à ces textes précis, et qu'apprécier Céline ne signifie pas que l'on cautionne sa prose antisémite. Mais même s'il n'a jamais été mis en cause pour cela, Michel Houellebecq a bien explicitement cautionné la prose antisémite de Céline C'était en 2011, dans un entretien aux Inrockuptibles: interrogé sur Bagatelles pour un massacre , Houellebecq répond " Ca m'avait bien plu. Sans plus".

L'écrivain en profitait au passage pour mettre en doute l'antisémitisme réel de Céline, l'attribuant à un "opportunisme" destiné à s'arroger les bonnes grâces des autorités d'Occupation. Ce faisant, il déforme la réalité historique, puisque le pamphlet antisémite Bagatelles pour un massacre, pour ne citer que celui-ci, est publié en 1937, date à laquelle il n'y avait aucune autorité d'occupation à flatter.

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