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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Islamophobie, Négrophobie, Rromophobie, analyse systémique des discriminations racistes

14 Août 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #FUIQP, #Islamophobie, #Roms - tsiganes - voyageurs, #Négrophobie

Islamophobie, Négrophobie, Rromophobie, analyse systémique des discriminations racistes

1ère Table ronde

Débat

Islamophobie, Négrophobie, Rromophobie,

Analyse systémique des discriminations racistes

Nouvelles populations, nouvelles crispations

On a parlé d’islamophobie, de négrophobie et d’autres formes de discriminations et de racisme pour en arriver aux Rroms, la dernière vague, et j’ai l’impression que tout au long de cette histoire, en France, lorsqu’une nouvelle catégorie de personnes arrive, on va focaliser sur elle tout ce qui est médiatique et politique et pendant ce temps les questions toujours non résolues concernant les populations présentes en France antérieurement passent au second plan. Ainsi on parle moins actuellement des Arabes présents en France comme sans doute, on parlera moins des Rroms lorsque d’autres populations arriveront.

Chaque fois qu’un étranger arrive, c’est lui qui pose problème, on parle même de « corps étranger » comme s’il s’agissait d’un virus qui arrivait et qui risquait d’infecter la société française.

J’ai l’impression qu’en France, les choses sont prises à l’envers, cette richesse qu’amènent avec elles les populations qui arrivent  n’est pas prise en compte, l’aspect positif du multiculturalisme reste sous-estimé et il est considéré davantage comme un menace  que comme une richesse ou un plus apporté à la société.

Alors que la société française devrait s’ouvrir, elle se referme. Au lieu de découvrir le monde qui l’entoure, elle le rejette. Et cette fermeture s’institutionnalise. Cela vient d’en haut et c’est bien en cela que réside le danger.

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Condition première de l’émancipation

D’accord avec le constat qu’il faille lutter contre l’islamophobie, que l’on souligne l’impact du passé colonial, on ne peut qu’être d’accord. Je prolongerais plutôt par la  question qui a été également soulevée, celle du rejet des femmes voilées de tous les espaces publics. On est,  ou plutôt ils et elles  sont,  bien contents de les trouver pour préparer des spécialités de « là-bas », la question est donc celle-ci : pourquoi on continue à leur faire le couscous et les makroutes ? Puisqu’on est dans cette dynamique d’auto-organisation qui passe selon moi par une forme d’émancipation, il faudra bien arrêter très vite de faire le couscous et les makroutes.

Pour moi, il est essentiel de s’adresser aux associations qui invitent les femmes à faire le couscous, tout comme aux associations qui luttent contre l’islamophobie et  contre le racisme et qui nous demandent de donner une autre image de nous-mêmes pour que changent les représentations des musulmans, des Arabes ou des Noirs,  et  de leur demander qu’elles commencent, elles, à changer leur regard sur les femmes arabes et musulmanes qu’elles considèrent uniquement comme des cuisinières !

On est là depuis très longtemps, on n’a plus à prouver quoi que ce soit, on a largement participé à la construction de ce pays comme à sa libération et je n’éprouve pas, moi,  tous les matins, le besoin de prouver que je suis gentille, que je ne suis pas une terroriste et qu’en plus je me dois d’offrir à manger aux racistes, à ceux qui tentent de m’humilier, à ceux qui me donnent des coups. Cela est inconcevable, il y a des limites à la tolérance !

Il faudrait que dans la dynamique d’émancipation que nous voulons construire, on arrête de répéter, même si cela est vrai,  que l’on est légitimes dans ce pays, parce que parfois, j’ai la fâcheuse impression qu’on utilise cet argument pour, en fait, demander que l’on nous accepte. En clair, « Ne soyez pas racistes, cela fait longtemps que l’on est là et on vous a même libérés ! »

Soit, mais ne faut-il pas davantage poser comme principe que celui qui est arrivé hier ou avant-hier n’a pas besoin d’être légitime s’il a envie d’être là. Militante anti-impérialiste, j’ai presque envie de dire que, dans l’idéal absolu, j’ai le droit d’aller où je veux, sans avoir à prouver que je suis légitime à être dans quelque partie de la planète que ce soit.

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Ne pas oublier l’exploitation

A côté des faits sur lesquels il faut se concentrer : le féminisme, la négrophobie, la rromophobie, l’islamophobie, il nous faut également insister sur une composante des classes populaires qui est en relation avec l’exploitation du travail, sur le simple fait que le travail n’est pas bien payé.

S’il a été dit que le racisme est un mode de gouvernement, on peut ajouter que c’est aussi un gouvernement qui est au service de l’exploitation du travail. Comment réfléchir à cette articulation entre exploitation, racisme et quartiers populaires.

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Fière d’être nègre

Si l’on me dit que je suis nègre, que l’on m’appelle nègre, moi je suis fière d’être nègre mais la question est : qui a occasionné la négritude ? N’est-ce pas eux qui sont venus nous chercher là-bas pour nous vendre ailleurs et qui  aujourd’hui retournent  là-bas pour nous piller, nous tuer, nous monter les uns contre les autres ? Qu’ils gardent pour eux les armes qu’ils fabriquent !

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Qu’ajouter de plus à la fameuse réponse d’Aimé Césaire :  «  le Nègre t’emmerde ! » ?

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