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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Violences policières, violence-s carcérale-s Développement des forces de répression et crise du système capitaliste. Conclusions de la 2ème table ronde

21 Août 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #FUIQP, #Police Justice

Violences policières, violence-s carcérale-s Développement des forces de répression et crise du système capitaliste. Conclusions de la 2ème table ronde

Les crimes racistes commis par des « tontons flingueurs » et encore plus par des policiers ne sont pas les résultats de « calamités » imprévisibles ou de « bavures » circonstancielles. Leur fréquence, leur régularité, leur accélération à certaines périodes, le profil des victimes, etc., attestent qu’ils sont le résultat d’un fonctionnement social, d’un système.

De la formation de la police au traitement médiatique des « affaires », des missions confiées à cette police aux discours de l’Etat « couvrant » les policiers, des choix d’armement de la police à ceux de constituer des corps spéciaux comme la BAC, etc., ce sont les rouages d’un système de surveillance des quartiers populaires qui se révèlent et qui ont pour résultat logique la « mort des frères et des sœurs ».

Si nous devons combattre les crimes racistes par « tous les moyens nécessaires » pour paraphraser Malcolm X, nous ne devons pas oublier que le combat est d’abord politique.

Au sujet des crimes racistes et policiers, c’est très clair, on n’est pas à la hauteur de la mobilisation que l’on voudrait. Cela pose donc la question de comment remédier à cet état de choses et aller plus loin. 

Je pense que la visibilité d’une mobilisation reste essentielle. Si j’en juge par l’origine géographique des gens qui sont  dans la salle,  par le nombre de villes ici représentées, sans compter les villes qui n’ont pas de représentants aujourd’hui et qui pourraient se mobiliser, il est peut-être temps de soumettre au débat de demain matin, la proposition que je fais de bloquer une date de mobilisation nationale  et d’actions qui pourraient se dérouler dans un bon nombre de villes de France.

Reste à savoir si nous prenons entre nous la décision d’engager des actions radicales à forte visibilité sur la question des crimes policiers. La reprise de la confiance en soi passe d’abord par la visibilité de nos actions. Le FUIQP s’engagera en outre dans toutes les initiatives qui seront prises à l’occasion du dixième anniversaire de la révolte des quartiers populaires de novembre 2005.

Violences policières, violence-s carcérale-s Développement des forces de répression et crise du système capitaliste. Conclusions de la 2ème table ronde

D’autre part sur l’analyse que nous a proposée Mathieu (Rigouste) -celle de la compréhension globale, je rappellerai qu’il y a quelques années le Mouvement de l’Immigration et des Banlieues (MIB) parlait de la gestion coloniale des quartiers. Ce concept, en termes de compréhension, est-il pertinent aujourd’hui ?  Autrement dit, est-ce que les pratiques et l’imaginaire colonial tels qu’ils s’exerçaient du temps des colonies sont du même type que ceux qui s’exercent aujourd’hui dans les quartiers populaires ?  Cette question, je la pose à Mathieu mais elle s’adresse à tous.

Au delà de la compréhension globale du système répressif, il y a, si l’on veut avancer, le besoin  de donner un contenu concret à nos luttes, le besoin de traduire tout cela en termes de revendications palpables. Par-ci par-là, se sont exprimées des revendications sur la suppression de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) ou le désarmement de la police, n’est-ce pas au travers de ces revendications, qui peuvent paraître utopiques et qui ne sont jamais exprimées de façon collective, qu’on peut mobiliser ? Et cette question, bien entendu, s’adresse à chacun d’entre nous.

Il n’y aura aucun progrès dans la vie des quartiers populaires si nous ne sommes pas en mesure de défendre le droit premier qu’est le droit à la vie. □

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Kamel Badaoui

Tous les témoignages que l’on a déjà pu entendre sur les violences policières, les crimes racistes et les crimes sécuritaires, comme ceux que l’on a entendus aujourd’hui se recoupent et montrent la gravité du problème. Dépasser les constats et progresser dans l’analyse de cette situation me paraît une chose fondamentale  en tant que militant du FUIQP. 

Au cours de cette table ronde, je crois que l’on a eu des contributions très importantes, l’idée notamment que les violences et les crimes ne sont pas des accidents ou des dérapages mais que c’est  le système même qui le veut.

Pour le FUIQP, le mouvement ne pourra se construire en dehors de la lutte contre les violences policières. On ne peut revendiquer ou prétendre représenter les jeunes sans se rapprocher des familles et des gens dans les quartiers populaires, si on fait l’impasse sur cette balafre géante qui défigure la société et ses quartiers, je veux parler du racisme, et notamment de l’une de ses manifestations les plus violentes : la violence policière et les crimes racistes.

Dès maintenant, il nous faut  réfléchir à des actions à mettre en place. J’invite les participants à ces 5èmes Rencontres à donner leur adresse pour qu’on puisse échanger : on pourrait par exemple  décider de la parution d’un journal de protestation qui recenserait tous les actes racistes afin qu’ils soient connus de tous car l’ignorance des faits et l’oubli sont également nos ennemis. De fait, s’ils n’existent plus dans nos mémoires, ils deviennent au niveau  de la mémoire collective des non-événements.  Mais plus encore, il faut réagir en toute occasion car toute absence de réaction équivaut en fin de compte à une autorisation de tuer encore plus.

Ce n’est pas la première fois d’ailleurs qu’une proposition en ce sens est faite. Les différents comités contre les violences policières travaillent déjà un peu dans cet esprit-là, mais il faudrait qu’on progresse, c’est à dire qu’il faudrait qu’on arrive à protester de façon coordonnée aussi bien à Saint Etienne, Lille, Marseille, Paris ou dans n’importe quelle autre ville de province, protestation au cours de laquelle, nous aurions à avancer nos explications et nos analyses et dépasser ainsi la seule émotion sans lendemain ou même une certaine forme de découragement.

Il me semble donc très important d’avancer vers des propositions concrètes comme certains l’ont demandé et comme l’a déjà esquissé Saïd avec sa proposition d’organiser une journée nationale contre les violences policières et les meurtres racistes.□

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