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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

A quoi sert la DILCRA ? ( Youssef El Amraoui)

14 Décembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Racisme

Déjà publié en septembre 2015, remis à la une aujourd'hui 14 décembre 2015

A quoi sert la DILCRA ? ( Youssef El Amraoui)

Vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais l’année 2015 est censée être celle de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, érigée en « Grande cause nationale » par le président de la république lors de son discours du 31 décembre 2014. C’est la Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA) qui est chargée d’organiser le « pilotage » de cette année antiraciste, via une campagne de communication prévue en novembre 2015. L’actuel responsable du DILCRA, Gilles Clavreul, s’est fait connaître par des déclarations scandaleuses à Libération : « Tous les racismes sont condamnables, mais le racisme anti-Arabe et anti-Noir n’a pas les mêmes ressorts que l’antisémitisme dans sa violence. Il faut être capable de dire la particularité de l’antisémitisme. » Faire une hiérarche entre les racismes, et les antiracismes, n’est pas la meilleure manière de lutter contre le racisme... D’où notre question légitime : à quoi sert la DILCRA ?

Selon le site officiel de la DILCRA, elle « a été créée en février 2012 ». Pourtant, l’existence d’un « comité » et du poste de « délégué interministériel » apparaît dès le décret du 8 décembre 2003 : « Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme assure le secrétariat du comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. (…) Il coordonne la préparation d’un plan national d’action contre le racisme et l’antisémitisme et en assure la mise en œuvre. » C’est à la suite de l’incendie, le 15 novembre 2003, du lycée juif de Gagny (Seine-Saint-Denis), que le gouvernement Raffarin décide de créer, lors du conseil des ministres restreint du 17 novembre, le CILCRA. Signe de l’importance accordée à la lutte contre le racisme par les gouvernements successifs, le comité s’est réuni... neuf fois en dix ans ! Si les représentants des différents ministères se retrouvent quatre fois en 2004, ils ne se réunissent qu’une seule fois en 2005, 2006 et 2009, et pas du tout en 2007, 2008, 2010 et 2012 [1].

La politique antiraciste n’est pas prioritaire. Le comité n’a pas produit de rapport pour en savoir plus sur ces activités entre 2003 et 2012, et son bilan est inexistant au moment de la promulgation du décret du 16 février 2012, qui précise les prérogatives du délégué interministériel, lui donne un peu de moyens humains (recruter des administratifs), mais surtout le rend totalement dépendant financièrement, donc politiquement, du ministère de l’Intérieur. C’est ce qu’avait critiqué en son temps la CNCDH (Commission nationale consultative sur les droits de l’homme), qui « regrette que le délégué interministériel soit placé auprès du ministre de l’Intérieur [2] », puisque cela ne favorise pas la coopération entre ministères. Autrement dit, la lutte antiraciste est sous la coupe du ministère des expulsions et des violences policières...

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