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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Migrants et réfugiés à l’ère des migrations et exils de masse (BE sortant du MRAP)

24 Octobre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #MRAP, #Étrangers et immigrés, #Réfugiés et droit d'asile

Illustration choisie par le webmestre

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Motion du bureau exécutif sortant : - migrants et réfugiés à l’ère des migrations et exils de masse - l’hospitalité, une idée neuve en France et en Europe... / CL de Nanterre

Congrès du MRAP, 10 et 11 octobre 2015

Projet de motion du BE sortant sur le thème "Migrants et Réfugiés à l'ère des migrations et exils de masse"

(motion adossée au tract joint du CL de Nanterre)

"L'hospitalité, une idée neuve en France et en Europe..."

Motion du Bureau Exécutif sortant

Le Bureau Exécutif sortant du MRAP fait sienne l'analyse du comité local de Nanterre dans le document joint intitulé "L'hospitalité, une idée neuve en France et en Europe".

Il émet le vœu que le MRAP participe pleinement, tant au niveau local que national ou international, aux luttes en cours ou à venir pour la plénitude des droits des Réfugiés et des Migrants, en conformité avec :

- les conventions internationales de Genève 1 et New-York 2 relatives aux droits des réfugiés,

- la convention des Nations-Unies pour les droits des tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille3 entrée en le 1er juillet 2003, signée par 48 pays 4, mais non ratifiée par la France ni par l'Union Européenne 5,

- l'ensemble des droits rencontrés dans la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union Européenne 6,

- la Charte des droits fondamentaux de l'UE, proclamée lors du Conseil européen de Nice, le 7 décembre 2000 et devenue juridiquement contraignante dans l'Union européenne avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le 1er décembre 2009 7,

- les droits et libertés consacrés par la Convention européenne des droits de l'homme du Conseil de l'Europe- Rome, 4.XI.1950, entrée en vigueur le 21 septembre 1970 8,

- les autres droits et principes résultant des traditions constitutionnelles communes à tous les États membres et d'autres instruments internationaux protecteurs.

Le Bureau Exécutif sortant du MRAP

Rappelle :

. le caractère sacré du droit d'asile, au sens de la convention de Genève de 1951,

. le droit fondamental, pour celles et ceux fuyant les zones de désertification ou de montées des eaux, de demander et obtenir l'asile climatique international, notamment dans les régions plus tempérées de l'hémisphère Nord, et plus particulièrement au sein de l'Union Européenne, conformément aux instruments internationaux précédemment cités;

. le droit, pour tout groupe de population particulièrement discriminé et socialement sinistré - en particulier les Rroms d'Europe orientale - de quitter des pays en difficultés politiques, économiques, sociales ou sanitaires, afin de chercher refuge dans des zones plus favorisées de l'UE et de bénéficier, selon leur nationalité, du droit à la libre circulation ou de solliciter et obtenir la régularisation de leur situation, condition indispensable à l'exercice effectif d'une citoyenneté pleine et active;

. l'urgente nécessité de lutter vigoureusement contre les offensives racistes dont sont victimes les migrants et réfugiés présents dans l'Union Européenne, en particulier aux marges est et sud de l'UE.

Propose la (re)constitution d'une Commission nationale permanente du MRAP sur le thème des Migrations et mouvements de population aux niveaux régional et mondial, incluant les questions relatives aux :

- réfugiés fuyant massivement les zones de conflit,

- migrations climatiques…

- politiques migratoires et d'asile de l'UE et de ses Etats membres,

- (…)

Afin de :

. susciter et contribuer à animer le débat, sur les thèmes précédemment cités, au sein de l'ensemble des fédérations et comités locaux du MRAP,

. mener à bien de nouvelles analyses et consultations aux niveaux national et international, en lien et coopération avec, en particulier, le monde universitaire, associatif et syndical, tout particulièrement de France et d'Europe,

. participer activement aux initiatives inter-organisations, telles que celles de

- réseaux Européens et Eurafricains permanents, du type MIGREUROP (http://www.migreurop.org ), dont le MRAP fut membre dès sa création en 2005;

- toutes autres formes d'actions, d'interpellations ou d'alliances thématiques, mouvantes mais toujours présentes ou récurrentes, telles qu'elles existent en France et en Europe (UCIJ, Des Ponts-Pas des Murs, Urgence-Migrations,…). Avec la volonté de peser, par ces initiatives, sur les politiques publiques, aussi bien nationales qu'européennes.

Paris, 2 octobre 2015

Comité local de Nanterre du MRAP

L'hospitalité, une idée neuve en France et en Europe...

L'arrivée d'hommes, de femmes et d'enfants qui fuient leurs pays et demandent l'hospitalité par centaines de milliers en Europe, par dizaines de milliers en France, crée une situation d'urgence.

A Nanterre, comme dans des dizaines de villes des Hauts-de-Seine et de la Région parisienne, des associations, des élus, des citoyens, se mobilisent ces derniers mois pour les accueillir, pour leur apporter une assistance humanitaire, pour les accompagner dans leurs démarches administratives, longues et incertaines. La grande majorité sont des demandeurs d'asile, or la France est devenue pour eux un des pays les moins accueillants.

En 2014, seuls 27 % des demandeurs, dont le nombre avait diminué de 5% par rapport à l'année précédente, y ont obtenu le statut de réfugié. 24 000 en deux ans ! l'annonce du Président de la république est consternante : c'est à peine plus que les années précédentes !

Alors que l'Allemagne s'apprête à en accueillir des centaines de milliers ...

Beaucoup ont risqué leur vie. Depuis le naufrage en 2013 à Lampedusa personne ne peut dire « je ne savais pas ». Des morts par dizaines de milliers en Méditerranée, combien de milliers d'autres victimes dans les déserts, contre tous les murs de l'Europe forteresse,

combien chaque année de noyés, dans l'Océan Indien, à quelques milles de Mayotte, département français ? Avant d'arriver à Nanterre, les « réfugiés », pour reprendre le terme trompeur de la presse, car en réalité ils sont encore loin de l'avoir, le statut de réfugié, ont connu à Paris les campements, laissés sans hébergement pendant des mois, les expulsions policières. Et la violence est extrême à Calais, le mépris des lois est total à la frontière avec l'Italie, où les migrants sont refoulés, où la chasse au faciès est banalisée.

"Des ponts, pas des murs"

Alors bien sûr nous saluons et soutenons les initiatives des maires, des comités d'entreprises, de toutes les institutions qui ouvrent des lieux d'hébergements, et nous demandons que le Conseil départemental en fasse autant. Nous appelons les citoyens à répondre aux appels pour l'aide humanitaire. Et en même temps, avec des dizaines d'organisations, nous portons depuis des mois des demande urgentes, adressées à l'Union Européenne, aux chefs d'Etat, qui sont les vrais décideurs :

- Ouvrir des voies, des accès légaux et sûrs, pour que les migrants ne risquent plus leur vie aux mains de passeurs. Au contraire on construit de nouveaux murs, on militarise à grands frais les frontières ! Et les mafias prospèrent d'autant plus que le passage est difficile et périlleux.

- En finir avec les accords de Dublin, qui assignent à résidence les demandeurs d'asile dans le premier pays d'entrée en Europe, le plus souvent l'Italie ou la Grèce. Pourquoi ne pas laisser choisir par les « réfugiés » leurs pays d'accueil, où certains ont de la famille, des relations... ?

- Supprimer l'armada Frontex, développer secours et assistance en mer...

Nous condamnons comme inhumaine et inefficace la volonté d'ouvrir des centres de tris des « migrants et réfugiés » dans les premiers pays d'accueil, d'externaliser le plus loin possible des frontières leur traitement en concluant des accords y compris avec des dictatures que fuient des demandeurs d'asile.

Solidarité avec les « réfugies » et les « migrants »

Le nombre de réfugiés, estimé à soixante millions, grandit dans le monde. Seul un faible pourcentage de personnes contraintes de fuir leurs pays arrivent en Europe. Elles se comptent en centaines de milliers (pour plus de 500 millions d'habitants dans l'Union Européenne). Elles ont fui des guerres, des massacres, des dictatures. Si des régions entières du Moyen Orient et de l'Afrique sont à feu et à sang, la responsabilité des puissances européennes alliées des Etats-Unis est grande, depuis des décennies : guerres en Afghanistan, en Lybie, en Irak, où par exemple DAECH est né dans les prisons après le démantèlement de l'Etat et des conflits entre communautés religieuses exacerbés par le régime imposé par les Etats-Unis , soutien de coups d'Etat et de dictatures en « françafrique »...

Les migrations pour « raisons économiques » sont-elles moins légitimes ? Destruction des agricultures traditionnelles, pillage des ressources naturelles, endettement illégitime et odieux hérité du colonialisme, plans d' « ajustement structurel » qui réduisent les dépenses de santé et d'éducation, extractivisme destructeur des terres, des ressources maritimes et du climat,...C'est d'une véritable « guerre économique », au profit des multinationales des pays riches, qui corrompent leurs gouvernants, plus encore que de la réduction de la prétendue « aide au développement », que les Africains sont victimes.

Les luttes solidaires pour la paix et la coopération entre les peuples , pour un partage équitable des richesses, pour que personne ne soit plus contraint de s'exiler, vont de pair.

Dans un monde plus juste et fraternel, rien ne s'opposerait plus à la liberté d'aller et venir, de circuler et de s'installer, qui est aujourd'hui le privilège des citoyens des pays dominants : 1,5 millions de Français ont choisi de s' « expatrier ».

Contre la xénophobie et le racisme

Des travailleuses et des travailleurs, des jeunes scolarisés, des familles...souvent présents en France depuis des années, sont toujours « sans papiers ». Le projet de loi gouvernemental, voté par les députés socialistes à l'Assemblée nationale cet été, ne permet pas leur régularisation. Au contraire, il vise à faciliter les expulsions du territoire. Alors que la carte de résident permet une insertion dans la société, il multiplie les titres de séjour précaires.

Le racisme et la xénophobie, ce n'est pas seulement le fond de commerce électoral du FN et de la droite extrémisée. Ainsi les quelques 20 000 citoyens européens qu'on appelle Roms sont victimes d'une « politique de la race ». Alors que des fonds européens sont disponibles pour leur hébergement et leur logement pérenne, ils sont chassés de bidonvilles en campements. Ne sont-ils pas pourtant des « migrants et réfugiés » qui fuient le racisme et les discriminations dans leurs pays d'origine ? .

Beaucoup de nos concitoyens, de nationalité française ou pas, sont stigmatisés, discriminés, selon leur origine, leur lieu d'habitation, leur apparence physique, leur manière de se vêtir, leur religion, réelle ou supposée...Ces « racialisations » servent à diviser celles et ceux qui ont intérêt à se rassembler pour construire une alternative aux politiques austéritaires qui aggravent les inégalités et plongent notre société dans une crise toujours plus profonde.

Semant des peurs et des haines, le racisme et la xénophobie visent à faire accepter des lois qui portent atteinte aux droits et libertés de tous. La prétendue « guerre des civilisations », le mythe d'une identité française ou européenne « de souche », qui serait menacée par les « immigrés », les « musulmans », sont contraires à la réalité d'un monde où la rencontre et le métissage des cultures, les migrations, ont de tout temps permis les progrès de l'humanité et sont constitutives de nations comme la nôtre.

Plus que jamais, la solidarité avec les « réfugiés et migrants », l'éducation populaire à l'anti-racisme, la lutte contre les « politiques de racialisation», pour l'égalité, vont de pair.

1http://www.unhcr.fr/4b14f4a62.html

Convention relative au statut des réfugiés, adoptée par la Conférence de Genève le 28 juillet 1951

2http://www.unhcr.ch/fileadmin/unhcr_data/Protocole-de-new-york-1967.pdf

Protocole de New-York, conclu le 31 janvier 1967

3http://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/CMW.aspx : : Convention de l' ONU pour les droits des travailleurs migrants

4http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:12012P/TXT&from=EN : charte des droits fondamentaux de l'UE

5https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&mtdsg_no=IV-13&chapter=4&lang=fr

6http://europa.eu/about-eu/institutions-bodies/court-justice/index_fr.htm : Cour de Justice de l'Union Européenne

7http://ec.europa.eu/justice/fundamental-rights/charter/index_fr.htm :Charte des droits fondamentaux de l'UE

8http://www.echr.coe.int/Documents/Convention_FRA.pdf Convention des droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Rome, (4.XI.1950)

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