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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Texte d'orientation adopté par le Congrès du MRAP 2015

12 Octobre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #MRAP

Capture d'écran du site national. Octobre 2015

Capture d'écran du site national. Octobre 2015

MRAP : AG/Congrès des 10 et 11 octobre 2015

Texte d'orientation de la liste candidate au futur Bureau Exécutif.

Garder le cap contre le racisme sous toutes ses formes !

1 Le racisme aujourd'hui

1.1 Qu'est-ce que le racisme ?

Le racisme est un ensemble de théories et de croyances qui établissent une hiérarchie entre les prétendues « races », entre les « ethnies ». En particulier il est fondé sur le droit pour une « race » d'en dominer d'autres, et sur le devoir de soumettre les intérêts des individus à ceux de la « race ». L'Encyclopédie Universalis en 1992 a choisi, pour expliquer ce qu'est le racisme, un article de trois pages d'Albert Memmi. « Il n'est pas aisé de donner du racisme une définition qui fasse l'unanimité » ...Albert Memmi le définissait ainsi dès 1952 : « Le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier une agression ou un privilège ». Les différences dont il est question ici reposent généralement sur « l'appartenance ethnique », nationale, culturelle ou religieuse réelle ou supposée sur la base de caractères réels ou fictifs, sur une essentialisation despersonnes et une hiérarchisation des groupes humains. Ce sont des hommes qui, à partir de certaines apparences, spéculant sur les peurs de l'inconnu, motivés par une soif de richesses ou de pouvoir, ont créé le racisme, fondé des croyances et des « théories » qui n'ont rien de rationnel. Pour notre Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, le racisme est un et indivisible, bien que ses formes soient multiples et souvent liées entre elles. Il va du mépris individuel quotidien, du rabaissement, de la maltraitante, des insultes de voisinage, aux voies de fait individuelles ou collectives, à l'assassinat de personnes en raison de leur appartenance réelle ou supposée à un groupe, aux massacres de masse et aux génocides.

Dans la pratique juridique, le concept de «discrimination raciale» est entendu comme un traitement inégal, une remarque ou un acte de violence commis dans l'intention de rabaisser une personne sur la base de son apparence physique ou de son appartenance à une « ethnie », une nationalité ou une religion. Le MRAP préfère parler de discriminations racistes qui ont de graves conséquences pour les personnes concernées et le tissu social.

Albert Lévy, ancien Président du MRAP, soulignait justement que le racisme est aussi une idéologie qui tend à justifier la domination d'un groupe sur un autre.

Pourtant le racisme ne s'inscrit pas uniquement dans des rapports de domination : c'est le cas notamment pour l'antisémitisme aujourd'hui qui persiste dans les mémoires collectives, est réactivé régulièrement, adapté aux nouvelles situations.

Le racisme est souvent proche de la xénophobie, qui consiste à classer et discriminer les humains en fonction de leur nationalité, avec des rejets culturels ou religieux, avec des démarches qui fabriquent des groupes constitués autour de caractéristiques supposées homogènes et d'une « identité » unique.

Le racisme n'est pas une spécificité occidentale. Par exemple au Japon les Coréens sont les boucs émissaires des nationalistes et racistes japonais depuis bien longtemps. Les fascistes japonais ont commis des massacres multiples en Chine et en Asie entre 1939 et 1945 quand ils ont tenté de dominer les pays du Pacifique.

Le racisme s'est répandu en France après l'affirmation au XVIIe de l'existence de soi-disant « races » humaines. Il a servi à justifier l'esclavage, le colonialisme, les rivalités ainsi que les actions discriminatoires à l'intérieur d'un pays. A l'antijudaïsme chrétien s'est ajouté ensuite l'antisémitisme qui est allé jusqu'au génocide planifié par les nazis.

Les travaux les plus récents des généticiens et biologistes moléculaires montrent que tous les humains sont des Homo Sapiens. II n'existe qu'une seule espèce humaine. Si en France le mot "race" a été supprimé du code pénal le 13 mai 2013 par l'Assemblée nationale, et remplacé par le mot « ethnie », l'article 1 de la Constitution conserve cependant cette notion erronée. Beaucoup de personnes, ne se fiant qu'à certaines apparences ou éduquées à distinguer « les races », emploient couramment ce terme.

1.2 Diverses cibles pour un même racisme.

Précarité, chômage, inégalités, pauvreté... sont autant de marqueurs de la situation économique et sociale actuelle. Les inégalités sociales bafouent les valeurs de la République. Les politiques néolibérales touchent en premier lieu les classes populaires.

Dans ces conditions certains, malgré la loi de 1972, désignent des boucs émissaires, comme autrefois,... exploitent les discriminations, la xénophobie et le racisme. En France, l'offensive idéologique de l'Extrême-Droite et sa percée électorale ont rendu "acceptables" des opinions hier unanimement condamnées. Sur fond de déclassement territorial, de dégradation des services publics, l'Extrême-Droite surfe sur ces idées contre les "étrangers", les "autres", suscite des propos haineux, des replis communautaires. Les porteurs idéologiques du racisme et de la xénophobie ont le vent en poupe ! Les idées racistes gagnent l'ensemble de la société. Les actes et comportements racistes se banalisent. Les discriminations à l'accès au logement, à l'embauche et les contrôles policiers au faciès sont interdits en France mais des propriétaires des recruteurs, des policiers et des gendarmes les pratiquent de fait.

Des populations « arabes », « noires », « roms », asiatiques, les personnes de confession musulmane ou juive, immigrées ou non, continuent de subir stigmatisations et discriminations.

Des citoyens français, dont les familles portent la mémoire de la colonisation, se voient contrôlés, toujours suspectés d'un manque de loyauté envers la France. Souvent relégués dans des quartiers oubliés des politiques publiques ils se voient doublement discriminés. Les politiques d'État des gouvernements successifs, sur fonds de budgets d'austérité, ne permettent pas de s'attaquer aux véritables causes des inégalités sociales et territoriales. Des pans entiers de la jeunesse des classes populaires se voient traités au quotidien en citoyens de seconde zone : ceux dont la nationalité française n'est pas tout à fait « égale », dont la dignité est bafouée lors de contrôles policiers quotidiens humiliants et dont la vie ne pèse parfois pas lourd lors d'interpellations violentes et de tragiques "bavures".

Les sociétés européennes sont confrontées à une forte persistance de l'intolérance et du racisme. On assiste à un réveil de l'antisémitisme et les affirmations négationnistes perdurent. L'extrême-droite réactive le vieux fantasme de la supposée trop grande présence des juifs dans l'appareil d'État... La résurgence du discours antisémite traditionnel, la situation en Palestine, la confusion entretenue entre antisémitisme et antisionisme, ont provoqué une augmentation des actes racistes visant les Juifs.

Sous couvert d'une critique de l'Islam, l'islamophobie se développe comme racisme contre les personnes de confession musulmane, y compris, de fait, les résidents d'origine maghrébine ou « arabe » ou supposée telle. Elle justifie les actes violents contre les mosquées, les personnes de confession musulmane, notamment les femmes portant le voile dans l'espace public...

La laïcité est parfois détournée de son sens. Loin d'être un moyen d'assurer le vivre-ensemble en garantissant la liberté religieuse et la neutralité de l'État, elle est instrumentalisée et transformée en un discours identitaire diabolisant l'Islam et présentant « les musulmans » comme un danger pour la démocratie et les droits de l'Homme.

Les guerres du Proche-Orient et Moyen-Orient, les assassinats terroristes et antisémites de janvier 2015 à Paris ont provoqué une recrudescence des amalgames et de la haine à l'encontre des « musulmans » accusés de "nous" envahir, ont fait ressurgir une vague d'islamophobie. La logique mortifère de prétendues « guerres des civilisations » a repris une nouvelle vigueur justifiant de nouvelles stigmatisations. Elle masque sous un discours d'exigence de civilisation, de démocratie, d'égalité hommes-femmes... la réalité des rivalités économiques et militaires pour la domination du monde. Sous couvert de « guerre contre le terrorisme » cette logique autorise des dérives liberticides.

Partout, comme un fil conducteur transeuropéen, des « populations roms » sont les cibles privilégiées de l'intolérance et du racisme, des préjugés racistes à leur égard sur fond de politiques discriminatoires. En France, ils sont souvent maintenus dans une extrême précarité, privés de la possibilité de s'intégrer à la société par les voies majeures que sont le travail, l'habitat et la scolarisation des enfants. Ils servent de boucs émissaires. La chasse aux « Roms » se mène sous couvert de la « lutte contre l'occupation illicite de terrains » validée ou non par des tribunaux, exécutée par la force publique à la demande de collectivités locales ou de l'État.

Certes dans toutes ces évolutions, la droite a une grande part de responsabilité. Mais la gauche aujourd'hui au gouvernement y a sa responsabilité par ses paroles, ses actes ou absence d'actes. Des déclarations et protestations d'humanité présidentielles ou gouvernementales, ne peuvent faire oublier le racisme et la xénophobie favorisés par certaines politiques mises en oeuvre et subies par les populations.

Des victimes d'une certaine forme de racisme ou de discrimination peuvent à leur tour être racistes ou discriminantes vis-à-vis d'autres groupes de personnes. Des discours de confusion idéologique prônent « la lutte des races » ou des « classes raciales ».

Les formes et les expressions du racisme et des discriminations continuent d'évoluer. Nous devons poursuivre une réflexion constante afin de lutter avec pédagogie et efficacité contre toutes leurs 30 manifestations.

1.3 Nos valeurs et les tâches du MRAP : sa contribution à la lutte contre le racisme, les discriminations, la xénophobie, pour l'égalité des droits.

Les valeurs du MRAP

Promouvoir le vivre ensemble et favoriser l'interculturalité.

Les partages et les métissages culturels ont permis à l'humanité d'atteindre une diversité propice à son maintien et à son développement jusqu'à présent.

Pour le MRAP, le métissage ne signifie pas l'abandon des cultures et des références de chacun à sa réalité locale et historique, mais l'ajout à cette identité légitime d'une dimension nouvelle, l'appartenance à une humanité commune. Il ne s'agit ni d'un repli sur un passé mythique, ni d'une uniformisation appauvrissante mais de participer à l'aventure humaine.

S'appuyer sur le besoin de justice, d'égalité, sur les sentiments d'empathie et de fraternité pour combattre les peurs et la haine sur lesquelles s'appuient celles et ceux qui défendent des intérêts particuliers et notamment ceux des plus riches.

Combattre toutes les théories et croyances qui veulent faire croire à l'existence de « races humaines », et qui font la promotion des « luttes entre ces races ». Nous combattons au quotidien toutes les formes de racisme sans aucune concurrence ou hiérarchisation .

Être aux côtés des plus précaires et des discriminés et les défendre aux côtés d'autres organisations. Le MRAP veut être un acteur efficace dans le changement des mentalités vers une Europe et un monde plus juste, plus démocratique, plus pacifique, favorisant le vivre ensemble.

Défendre la laïcité. Chacune et chacun doit être respecté dans ses convictions religieuses. Aussi sommes-nous pour la liberté de tous les cultes, la séparation des Églises et de l'État conformément aux lois de 1905.

Permettre à toutes et à tous, croyants, agnostiques ou athées de vivre ensemble. Nous condamnons les persécutions, les meurtres contre les pratiquants des diverses religions ou contre ceux qui désirent n'en pratiquer aucune, cela dans tous les pays.

Combattre les discriminations et la haine.

Celles-ci, ainsi que le racisme, ont une histoire que nous devons regarder dans leur réalité avec ceux qui en ont souffert ou leurs descendants. Le MRAP s'engage à combattre l'usage d'expressions à connotation racistes...

Dénoncer ceux qui crient « l'invasion de l'Union Européenne » par « les musulmans » et au " remplacement des populations »...

Attaquer en justice les auteurs d'actes racistes, les déclarations racistes, notamment celles des personnalités quelles qu'elles soient.

Exiger des mesures qui facilitent l'acquisition de la nationalité française et exiger le retour au droit du sol.

Agir pour l'égalité des droits sociaux, civiques et politiques, pour le droit de vote à toutes les élections de tous les résidents et pour une citoyenneté de résidence dissociée de la nationalité.

Combattre les discours de haine sur Internet.

2 Discriminations

La lutte contre toutes les formes de racisme ne se limite pas au combat contre les discriminations, mais celui-ci doit rester une des priorités du MRAP en raison des dommages qu'elles causent tant au niveau personnel que dans la société.

La victoire de F. Hollande avait fait naître l'espoir de progrès rapides dans la lutte contre les discriminations.

Or 3 ans après, le bilan est très décevant malgré la proclamation de la lutte contre le racisme comme « grande cause nationale » pour 2015, et de la loi sur le mariage pour tous.L'actualité juridique et législative ouvre des chantiers nouveaux l'action du MRAP :

  • Le contrôle au faciès a enfin été reconnu comme discriminatoire par la Cour d'Appel de Paris. C'est une avancée importante.

  • Dans le domaine du travail, on constate des évolutions contrastées à l'exemple du CV anonyme qui est promis à la disparition et celui de l'action de groupe contre les discriminations qui a été adoptée par l'Assemblée nationale?

Le MRAP devra donc exercer la plus grande vigilance non seulement pour que la législation sur les discriminations ne soit pas dénaturée, mais aussi pour qu'elle soit réellement appliquée dans tous les domaines.

C'est à tous les niveaux de responsabilité du MRAP que cette vigilance doit s'exercer : cela nécessite que soient multipliées les formations pour les militants pour rendre plus efficaces le soutien aux victimes. Cette formation portera également sur les modalités des actions en justice compte tenu de leur complexité et sur les interventions auprès des élus. Le MRAP poursuivra et renforcera ses actions éducatives auprès des jeunes.

Des campagnes de sensibilisation touchant un public toujours plus large seront menées. Pour ce faire, le MRAP prendra des initiatives et élargira ses partenariats

3 Le MRAP soutient les réfugiés, les migrants et les sans-papiers

L'immigration, mal perçue et souvent manipulée, est un facteur important de xénophobie et de racisme. Ce thème fait des ravages dans la vie sociale et politique en France, en Europe et dans le monde.

Les politiques d'immigration suivies par la plupart des États ont des conséquences humanitaires désastreuses, en particulier aux frontières de l'Europe, causant des morts par milliers. Elles maintiennent de nombreux migrants dans une situation juridique et sociale inadmissible. Elles confortent et alimentent las opinions et les préjugés les plus dangereux.

Le MRAP mène un travail de vérité sur les phénomènes migratoires. Il rétablit la réalité qui ont marqué et marquent encore l'Europe. Il le situe dans l'ensemble du phénomène à l'échelle mondiale. Il lutte contre tous les fantasmes et les peurs qui engendrent le rejet de l'étranger, que ce soit le thème de l'invasion ou celui de la mise en danger de notre société et de notre civilisation.

Le MRAP est au côté des étrangers et des migrants qui souffrent pour venir et se maintenir en France et en Europe. Ses comités s'engagent, en tant que tels ou dans des collectifs, pour que tous obtiennent l'ensemble de leurs droits, à commencer par celui au séjour.

Il exige :

- le respect absolu du droit d'asile, en particulier la disparition de la notion de pays "sûrs", la délivrance immédiate d'un titre de séjour comprenant le droit au travail,

- la régularisation de tous les « sans papiers », la prise en compte globale de tous les critères constitutifs des personnes, santé, famille, emploi et autres pour attribuer des titres de séjour pérennes pour tous. La carte de résident de 10 ans doit redevenir la règle dès le premier renouvellement,

- la pleine protection des mineurs isolés étrangers,

- la pleine égalité des droits pour tous les résidents en France, y compris les droits politiques

Le MRAP participe aussi à toutes les actions d'aide concrète aux personnes migrantes, en tant que telles ou dans des cadres collectifs, ainsi qu'aux actions des « sans-papiers ». Il participe aux débats et actions sur l'évolution de la législation concernant l'asile, l'entrée et le séjour des étrangers.

La politique d'expulsions forcées, voire brutale et inhumaine, doit cesser et les centres de rétention administrative, véritables prisons pour étrangers, doivent être fermés. Dans l'immédiat, la rétention des enfants, des familles ou des parties de familles doit être rigoureusement exclue.

Le MRAP exige aussi que les États européens, en particulier l'UE, mènent une autre politique migratoire qui tienne compte des réalités. Il dénonce et refuse les accords qui limitent la circulation et l'installation des migrants extra-européens en Europe, en particulier les règles des accords de Dublin et de réadmission dans les pays d'origine. Il demande la construction d'une coopération positive et non pas répressive avec les pays d'origine.

Le MRAP voit dans les nouvelles lois sur l'asile, l'entrée et le séjour des étrangers la volonté de restreindre davantage et de contrôler la circulation des étrangers.

Pour les demandes d'asile, il ne faut pas, sous prétexte de rapidité, sacrifier la qualité de l'examen ni lier automatiquement l'expulsion au rejet de la demande.

Pour l'attribution des titres de séjour, le projet de loi refuse toujours de prendre en compte tous les aspects de la situation de chaque requérant pour obtenir un titre unique à savoir carte de résident.

La France doit enfin ratifier la Convention internationale sur la protection des travailleurs migrants et de leur famille, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1990.

Le MRAP affirme depuis longtemps que la liberté totale de circulation et d'installation des hommes sur l'ensemble de la planète est une perspective possible et même inévitable pour l'humanité. La situation internationale que nous analysons ailleurs montre que les situations de guerres et de conflits se multiplient dans le monde. La misère économique et les exclusions sociales de toutes sortes contraignent des hommes (et parfois spécifiquement des femmes) à quitter leurs lieux de vie. Les changements climatiques commencent aussi à provoquer des déplacements de populations. Par ailleurs le MRAP reconnaît à tout homme le droit de simplement aller vivre ailleurs s'il le désire. Alors que la facilité matérielle des déplacements se développe, nous devons nous préparer à accepter et non subir les futurs mouvements de population.

4 Droite extrême et extrême-droite :

Les scores obtenus par le Front National lors des élections municipales constituent un séisme politique majeur.

Si le taux d'abstention doit relativiser l'ampleur de la progression en chiffres absolus , l'enracinement du vote FN dans les zones péri-urbaines ou dans les zones péri-urbaines ou rurales traduit une réalité politique nouvelle lourde de menaces pour la démocratie.

Tous les sondages pour la prochaine élection présidentielle indiquent que le FN fait jeu égal avec les principaux partis, quand il ne les devance pas !

En France, comme dans l'ensemble de l'Europe, l'extrême-droite tente de faire oublier la dangerosité de son projet qui reste antisocial, raciste et xénophobe. Comment expliquer cet ancrage nouveau du FN ?

Un discours social : un leurre social

Le discrédit des partis politiques majoritaires qui mènent à peu près les mêmes politiques libérales et paupérisent toujours plus les classes populaires et ouvrières ainsi que couches moyennes, donne prise à la démagogie s'appuie sur un discours pseudo-social et anti-libéral. Cette démagogie séduit malheureusement une partie de l'électorat déçue par les politiques économiques et sociales menées par les différents gouvernements ainsi que par celles de l'Union Européenne au sein dans une mondialisation néo-libérale.

L'histoire nous enseigne que l'extrême-droite y compris dans ses formes fascistes a toujours utilisé ces leurres pour conquérir le pouvoir et le retourner ensuite contre les couches populaires. Parallèlement subsiste et se multiplient des groupes dits "identitaires", qui affichent des théories radicales et ont une stratégie de provocation et d'affrontement violent mettant en péril la démocratie. Ces groupes ont toujours des connexions importantes avec le Front national et nous devons être vigilants sur l'éventuelle convergence de ces stratégies.

Il appartient aux antiracistes de l'expliquer, encore et encore. Un discours d'exclusion complémentaire du discours social

Le FN étend son emprise électorale par un discours pseudo-social ; en fait il n'a pas renoncé à ses fondamentaux racistes qui assurent son assise traditionnelle comme la « préférence nationale", "les menaces" que sont pour lui l'Europe et les étrangers extra-européens...

Malheureusement les politiques gouvernementales d'austérité et d'exclusion (contrôle de l'immigration, hit-parade des chiffres d'expulsions, démantèlement des camps Rom...) favorisent ces thèses.

Extrême-droite et droite-extrême :

Si la réalité électorale de l'extrême-droite concerne essentiellement le Front National, son idéologie s'est imposée bien au-delà de ce seul parti et c'est toute une droite extrême à géométrie variable qui fait sienne ces thèses.

Les replis identitaires sont un terreau du Front National

Les thèses identitaires et raciales assignent les individus dans un déterminisme culturel et racial qui attise les tensions communautaires et sociales. Le retour du discours racial et l'exacerbation des replis identitaires font des ravages dans la société. Ainsi derrière les thèses de lutte de race, ou derrière les attaques contre le métissage, se profile inéluctablement la thèse de la "pureté raciale."

Afin de lutter contre l'extrême-droite les antiracistes ne peuvent plus aujourd'hui déconnecter les problématiques économiques et sociales de ces thèses.

Mener le combat idéologique contre l'extrême-droite impose de saisir toutes ces problématiques dans leur interaction et leur complexité. Les antiracistes doivent donc mieux se saisir des fragmentations identitaires, des assignations identitaires et de la gangrène du discours racial.

Ce qui suppose des cadres de débats, des rencontres, des colloques, mais aussi et peut-être surtout, des outils d'intervention pour aider au vivre ensemble.

5 Mieux lutter contre le racisme par l'éducation

L'action éducative est fondamentale pour prévenir ou faire reculer l'incompréhension, l'ignorance, la peur de l'autre, grâce au développement des échanges mutuels aux quotidien.

Mettre le racisme hors-jeu, fait partie d'une lutte universelle et durable. Agissons pour que dans

le système éducatif tous les jeunes et leurs parents puissent retrouver leur histoire celle des autres ascendants et assumer cet héritage. Favorisons le devoir de mémoire. L'objectif est de déconstruire les préjugés : tous les âges, tous les milieux sont concernés. Une réflexion doit être menée, tant que niveau des outils que de actions de formation, auprès des militants s'investissant dans le champ de l'éducation. Elle ne s'exerce pas qu'en milieu scolaire, mais aussi dans les quartiers en situation de relégation économique et sociale.

Beaucoup de comités locaux ont développé une expertise et réalisé des outils éducatifs. Il est indispensable que le MRAP s'investisse toujours plus dans ce secteur pour favoriser — entre les comités locaux — les échanges d'expérience et la mutualisation des outils. Ces échanges peuvent se faire lors de réunions nationales, si possible décentralisées, ou par échanges de courriels.

Comment lutter en profondeur contre le racisme ? " l'éducation ! l'éducation ! l'éducation répond Albert Jacquard. Quand le racisme surgit dans les quartiers, dans la classe, quand le rejet s'installe, il nous manque parfois les moyens de réagir.

6 Devoir de mémoire

Le devoir de mémoire a toujours été pour le MRAP une question capitale : « se souvenir du passé pour les luttes du présent ».

Cette questions sont d'autant plus importantes que certains s'efforcent régulièrement de manipuler l'histoire, de faire renaître une apologie du colonialisme ou de nier d'autres crimes (nazisme) et de construire des oppositions entre les différentes mémoires blessées pour les mettre en concurrence. La société française a toujours du mal à assumer collectivement la totalité de son histoire, en particulier l'esclavage, le colonialisme et leurs conséquences actuelles.

Pour le MRAP, il faut construire une mémoire partage si l'on veut éviter que se perpétuent les fractures du passé.

Le MRAP prendra toute sa place dans les évocations et commémorations des tragédies de l'histoire, que ce soit en France ou ailleurs dans le Monde : esclavage, colonialisme, déportation, génocides, etc. C'est un des axes de l'activité éducative du MRAP, notamment en milieu scolaire.

Le MRAP continuera à œuvrer pour la poursuite et la condamnation des responsables de crimes contre l'humanité et de génocide, pour le refus de tous les négationnismes. La transmission de cette histoire est une clé de la compréhension du racisme sous toutes ses formes.

Le MRAP doit également être porteur des luttes et des progrès de l'Humanité dans le domaine des Droits de l'Homme. Il doit faire connaître les efforts anciens et universels pour un monde plus humain et plus fraternel, en Europe (Magna Carta britannique, révolution française...) mais aussi en Afrique (charte du Mandé) et dans le Monde arabo-musulman (Bagdad, Cordou... Nous sommes aussi les héritiers de cette histoire.

7 L'Amitié entre les Peuples et les questions internationales

Le monde est violent avec des puissances mondiales et régionales qui rivalisent pour s'accaparer les matières premières (énergies fossiles, minerais pour des industries stratégiques et hautement technologiques, eau). Aux puissances habituelles (superpuissance des Etats Unis, pays de l'Union européenne, Russie, Chine, Inde, Japon...) et aussi Daesh, Boko Haram, AI Qaïda.

Au cours des 3 années écoulées, la situation internationale s'est hélas aggravée de façon dramatique : Palestine, Sahara Occidental, Kurdes...... les droits des peuples continuent à être bafoués ; les guerres et agressions continuent leurs ravages meurtriers. L'Afrique s'enfonce dans la spirale de la violence et de la misère. Toutes ces questions ne peuvent être isolées des problèmes nationaux notamment parce qu'elles engendrent des migrations et que la réponse de l'Europe, uniquement répressive provoque les tragédies que tout le monde ici connaît.

Si la victoire kurde de Kobané a apporté une petite lumière dans la nuit sombre, le reste de la Syrie est plongé dans l'horreur

Mumia est en train de mourir, faute de soins, dans sa prison.

Enfin des questions nouvelles (changement climatique...) se posent au MRAP.

C'est dire que « l'Amitié entre les Peuples », seconde jambe du MRAP a bien du travail en perspective pour les « années à venir.

L'action internationale du MRAP découle de l'analyse que nous pouvons faire de l'évolution de l'évolution des relations internationales et des processus de domination existant en ce début du XXIe siècle.

Critères de positionnement du MRAP sur les questions internationales

Les critères qui déterminent le positionnement et l'engagement du MRAP sur les questions internationales n'ont pas changé depuis des décennies ; ils conditionneront son action pour les 3 années à venir même si de nouveaux enjeux vitaux pour l'avenir de l'humanité doivent être pris en compte. Le critère essentiel étant l'universalité du droit des peuples à déterminer leur avenir, à vivre libre et en paix.

1- lutte contre le racisme sous toutes ses formes quel que soit le pays dans lequel il se manifeste,

2- droit des peuples à déterminer librement leur avenir,

3- respect du droit international qui doit être le même pour tous

4- droit politique et culturel des minorités, notamment des peuples « indigènes », favoriser l'interculturalité,

5- respect des droits humains et dénonciation de toute violation de ces droits

6- défense de la paix : résolution politique des conflits, lutte pour le désarmement, contre le trafic des armes, légal ou non,

7- solidarité avec les peuples, les mouvements démocratiques, voire les gouvernements qui revendiquent les valeurs antiracistes d'égalité des droits, celles d'égalité entre les hommes et les femmes, de tolérance religieuse, de laïcité, de paix ; notre soutien n'étant bien évidemment jamais inconditionnel.

Nous continuerons à agir sur ces questions avec des partenaires, qu'il s'agisse de collectifs ou de partenariats ponctuels. Il est impératif que le MRAP ait sa propre expression et tente de la faire prévaloir dans les collectifs.

A – la question palestinienne

La situation en Palestine est dans une impasse résultant à la fois de la politique israélienne, de la complicité des EÉtat-Unis et du silence de l'Union Européenne. Le MRAP continuera de soutenir le peuple palestinien pour :

* un État palestinien dans les frontières de 67 avec Jérusalem Est comme capitale à coté de l'État israélien et en attendant, la reconnaissance de l'Etat palestinien par la France,

* la fin du blocus illégal et meurtrier de Gaza et le soutien aux initiatives du type « flottille » pour briser ce blocus,

* le retrait d'Israël des territoires occupés, l'arrêt de la colonisation, le démantèlement des colonies,

* la destruction du Mur conformément aux résolutions internationales,

• la libération des 11 000 prisonniers politiques palestiniens,

• le principe du droit au retour, son application devant être négociée.

Le MRAP soutient la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) avec le boycott des produits issus des colonies1 et en appuyant sur les nécessaires sanctions (suspension de l'accord Israël-Union européenne...) et le désinvestissement (campagne Orange par exemple)

Le MRAP réaffirme son soutien aux forces anticoloniales israéliennes et organisera une campagne spécifique dans ce sens

B – la Syrie

Le MRAP continuera à dénoncer à la fois les crimes commis par Bachar al Assad (plus de 200 000 morts, usage d'armes chimiques...) et les troupes de Daesh et à œuvrer au sein du collectif « pour une Syrie libre et démocratique ». Il réclamera l'accueil de réfugiés syriens par la France (la dénonciation des naufrages épouvantables en méditerranée ne peuvent être isolés de la tragédie vécue par le peuple syrien)

C– la question kurde

Le MRAP a toujours joué un rôle déterminant pour la reconnaissance des droits politiques et culturels du peuple kurde ; il a dans la dernière période apporté un soutien sans faille à la résistance de Kobané.

Il continuera d'agir

* pour une solution politique à la question kurde,

• pour le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes,

• pour la fin des persécutions sur le soi français des réfugiés kurdes.

Il participera aux initiatives pour la reconstruction de Kobané. Il soutiendra les forces progressixtes en Turquie et condamne la politique d'Erdogan d'agression contre le peuple kurde.

D – le peuple sahraoui

Le MRAP réclame l'application des résolutions des Nations unies notamment le droit des Sahraouis à l'autodétermination. Le Maroc doit faire en sorte que ces résolutions soient respectées et qu'un referendum soit organisé dans les territoires sahraouis occupés. Le MRAP demande la libération des prisonniers politiques sahraouis, la protection du peuple sahraoui et la fin de la complicité du gouvernement français avec le gouvernement marocain. Il continuera d'accueillir et de participer à la Plateforme des ONG pour le Sahara Occidental.

E – l'Afrique

Dans la dernière période la commission Afrique s'est redynamisée. Il faut amplifier cettebmobilisation d'abord pour analyser les situations complexes des pays africains. Le MRAP doit se mobiliser aux cotés de ceux qui luttent contre le néocolonialisme de la Françafrique qui permet de maintenir des dictateurs responsables de massacres de populations africaines, de leur maintien dans une pauvreté extrême, la détention d'opposants ou pire leurs assassinats Le MRAP demande :

* l'annulation de la dette qui permet de poursuivre le pillage des richesses de l'Afrique,

* l'arrêt de la coopération militaire et de la vente d'armes à des régimes répressifs et/ou corrompus,

• la fin des relations privilégiés avec des régimes non démocratiques,

• la fin de l'impunité des criminels de guerre ou des personnes qui se sont livrés à des violences contre les populations civiles (notamment à l'égard des femmes, les viols étant massifs, considérés comme une arme de guerre).

F — l'Amérique Latine

Le MRAP soutient la revendication de souveraineté des peuples d'Amérique Latine et des Caraïbes et refuse toute ingérence étrangère en particulier celle des Etats Unis. Il sera vigilant aux risques de coups d'Etat dans ces pays et apportera son soutien aux peuples qui en ont été victimes (Honduras par exemple) ou risquent d'en être victimes.

Il soutient la lutte des peuples autochtones menacés (Mapuche par exemple) ainsi que leurs lutte contre les multinationales pour la défense de leur environnement condition indispensable à leur survie (Cajamarca au Pérou ou contre Chevron en Amazonie équatorienne)

G — Mumia Abu jamal, Leonard Peltier

Le MRAP milite depuis plus de 20 ans pour que justice soit rendue à Mumia Abu Jamal et Leonard Peltier (incarcéré depuis 40 ans). L'injustice dont sont victimes ces hommes, l'un pour avoir été militant des Black Panthers, l'autre dirigeant de l'American lndian Movmement ont fait d'eux les symboles de la justice raciste aux Etats Unis. Nous continuerons d'exiger leur 450 libération d'autant que leur état de santé laisse présager le pire.

H — l'abolition de la peine de mort

Membre fondateur de la « Coalition mondiale contre la peine de mort » le MRAP continuera d'agir pour tenter d'éviter des exécutions et pour l'abolition universelle

I— la paix, le désarmement

Le MRAP continuera d'agir pour le règlement politique, en amont, des conflits. Nous refusons d'être placé devant le faux dilemme « vous acceptez l'intervention militaire ou vous êtes complice de massacres de populations civiles ». Les solutions doivent être trouvées et apportées avant ce choix où il n'y a aucune solution acceptable.

Membre du collectif contre l'OTAN et de ICAN-France (campagne pour le désarmement nucléaire), le MRAP continuera d'agir avec ses partenaires pour le retrait de la France de l'OTAN, l'arrêt de la prolifération nucléaire, la dénucléarisation du Moyen orient, première étape vers une dénucléarisation générale

J — les Nations Unies

Dans ses revendications le MRAP fait souvent référence aux résolutions des Nations Unies 465 (pour la Palestine par exemple) et parle de « respect du droit international »

Il est utile de rappeler le préambule de la charte des Nations-Unies ainsi que son article 1 « Nous peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances, proclamons à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,

• nous engageons créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,

• nous engageons à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

Article 1

Les buts des Nations Unies sont les suivants :

1. Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin prendre des mesures collectives 480 efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix.

2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes,

Quand au Conseil de Sécurité, La Charte des Nations Unies lui confère la responsabilité principale du maintien de la paix !

D'autre part, il compte 15 membres, cinq membres permanents ayant droit de veto et 10 membres non permanents élus par l'Assemblée générale pour une période de deux ans.

Le MRAP doit dénoncer ce principe du droit de veto, particulièrement injuste et qui viole la Charte : où est le principe « d'égalité entre petites et grandes Nations » quand 5 d'entre elles se sont arrogés le droit de veto !

K — le réchauffement climatique, la question de l'eau, nouveaux enjeux

Il ne s'agit pas seulement de « questions écologiques » mais de la survie de l'écosystème qui rend la vie humaine possible. L'accès de plus en plus difficile aux ressources naturelles et aux matières premières exacerbe les conflits. Le dérèglement des conflits va s'amplifier. Les guerres pour l'eau vont se développer. Les premières victimes des catastrophes, du réchauffement, de la montée des eaux... sont les populations pauvres. Nous aurons à faire face dans un avenir proche à des migrations « climatiques » par dizaines de milliers avec tout leur cortège d'horreur. La situation exige Pour toutes ces raisons et bien d'autres, le MRAP doit investir ces nouveaux terrains de un engagement de tous les pays et en premier lieu des pays industrialisés à prendre de réelle mesures efficaces dès la COP21 au Bourget en décembre 2015.

Selon l'ONU les catastrophes liées au climat ont déjà provoqué la migration de millions de personnes. D'ici 2050 200 millions de migrants pourraient être jetés sur les routes par les dérèglements climatiques : montée des eaux, fonte des glaciers, désertification, phénomènes extrêmes (cyclones, ouragans, vagues de chaleur), atteintes aux écosystèmes.

Ce sont souvent les pays les plus pauvres qui subiront le plus lourdement les impacts du changement climatique.

Dès aujourd'hui la question se pose donc de savoir qui prendra en charge les populations déplacées au sein de leur propre pays, car la plupart seront "des déplacés internes" ? Quant aux réfugiés qui franchiront les frontières... on connaît... ils risquent de se retrouver sans statut ni droit. La Convention de Genève de 1951 ne prévoit la situation de réfugié climatique.

Pour toutes ces raisons et bien d'autres, le MRAP doit investir ces nouveaux terrains de luttes avec des organisations partenaires ou aux côtés des peuples concernés.

 

8 Un fonctionnement amélioré et renouvelé

Devant l'ampleur du racisme en France, face à la montée des idées de l'extrême droite en France et en Europe. Le MRAP se doit de retrouver une activité intense de proximité. Un travail de sensibilisation auprès de la population, un travail de résistance, de réaction face aux expressions et violences multiples du racisme aux quatre coins de l'hexagone. Pour ce faire, la première tâche de l'ensemble du mouvement est donc de coordonner l'action des Comités Locaux, colonne vertébrale du MRAP.

Le Conseil national qui émane des comités locaux, conformément aux statuts, a la responsabilité essentielle de veiller au respect des orientations du congrès, il doit se réunir au moins trois fois par an. Les réunions du CN seront coprésidées et animées par un « bureau de séance » composé de trois personnes : un membre du CN, un membre du BE, un membre de la présidence. Ce bureau aura en charge la rédaction d'un relevé de discussion des décisions (envoi urgent) et un relevé des discussions ( adoption CN suivant) a destination des membres du CN et PST

Le Bureau Exécutif qui a été élu par le Congrès sur la base du projet d'orientation a la responsabilité de faire vivre les orientations définies lors du congrès se doit de mettre en place des campagnes, de se positionner sur les différentes problématiques émergentes de la société sur la base des travaux du congrès. Pour mener à bien ses activités il est indispensable que chaque membre du bureau s'engage dans une responsabilité nationale et que le rythme de ses réunions soit toutes les 3 semaines. Le bureau exécutif pourra inviter suivant son ordre du jour des membres du CN, responsables de commission ou non.

Ces engagements et fréquence, permettront à la présidence d'assurer pleinement et exclusivement sa tâche d'animation, de coordination des instances et de réactivité à la vie politique quotidienne. La présidence se réunira hebdomadairement.

Le Bureau éxécutif doit s'engager à assurer un contact permanent avec les CL, les fédérations, les aider, les accompagner, suivre leurs actions et les faire connaître. Les idées et les outils des uns et des autres doivent circuler de manière verticale comme horizontale. Pour cela il est nécessaire qu'au sein de la présidence soit désigné un responsable à la vie du mouvement et au bureau exécutif des référents régionaux.

La pluralité des opinions doit plus que jamais être la règle de notre fonctionnement démocratique. Cela veut dire que les questions qui font débat doivent être cernées clairement et sans tabous, et faire l'objet d'un débat organisé, où la participation des adhérents et des comités sera sollicitée.

Les débats ne peuvent être le monopole de quelques personnes, ni se dérouler sur un mode agressif ou soupçonneux. Les listes internet du MRAP doivent être gérées au profit du bon déroulement du débat.

Les positions et l'action du MRAP doivent reposer sur une réelle maîtrise des sujets traités et être en conformité avec les orientations votées au congrès.

Les commissions dont le nombre est fixé par le CN, ont un rôle essentiel. Il faudra, par souci d'efficacité, en fixer un nombre limité, pour que chacune soit suffisamment fournie en militants stables et déterminés à s'investir sur un sujet assurant efficacité et pérennité d'activité.

Leur champ sera déterminé de façon rigoureuse de façon à couvrir l'ensemble de nos problématiques. Elles doivent alimenter le BE, le CN et les comités en informations et réflexions, et répondre à leurs sollicitations.

Elles doivent aussi contribuer à produire le matériel dont le MRAP a besoin.

Sur des sujets particuliers, ponctuels liés à l'actualité ou pour l'animation de campagne nationale, le bureau peut décider de mettre en place sous sa responsabilité et de manière éphémère des groupes de réflexion et de travail

A l'intérieur du mouvement antiraciste et de promotion des droits de l'homme, le MRAP doit aussi conserver sa place en ayant une voix cohérente et reconnue. Le plus possible, il doit être à l'initiative de débats, de collectifs et d'actions dans ses domaines de responsabilité. Lorsqu'il est sollicité, il doit évaluer en toute indépendance, sur la base de ses orientations, la pertinence et l'utilité d'une signature ou d'une participation, et le degré d'engagement qu'elle implique.

Avec l'avis du CN et le travail méthodique des commissions, le BE évaluera le degré de partenariat souhaitable avec les nombreuses organisations agissant dans les divers domaines d'action du MRAP. L'objectif est toujours le rassemblement unitaire le plus large et le plus efficace des forces qui défendent les droits de l'homme. Dans ces cadres collectifs (comme en dehors), le MRAP continuera à défendre ses positions propres et ses représentants interviendront sous la responsabilité du BE.

Chaque comité reste évidemment responsable de ses propres engagements dans le respect des principes fondamentaux du MRAP.

La communication extérieure doit également être maîtrisée. Elle relève au quotidien de la Présidence collégiale et plus largement du BE.

Qu'il s'agisse de la presse du MRAP ou de ses communiqués de presse (qui permettent aussi aux adhérents et aux CL de connaître la première réaction de leur association), les prises de position du Mouvement exigent des équilibres judicieux en matière de quantité, de rapidité, de fidélité à nos principes et orientations, et de respect du meilleur consensus possible dans le MRAP. L'expertise des commissions doit être un point d'appui essentiel pour cette expression du MRAP.

1 Message du 15/09/2015 :

A la ligne 394 du texte d'orientation il est écrit "boycott des produits issus des colonies" alors que le projet final comporte "boycott des produits israéliens".

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