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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

A Bamako, un pas vers la fin de la guerre de 500 ans (Jean-Louis Sagot-Duvauroux)

22 Novembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Afrique, #Mali

A Bamako, un pas vers la fin de la guerre de 500 ans (Jean-Louis Sagot-Duvauroux)

Il y a environ un demi-millénaire, quelques nations européennes engageaient contre les autres peuples de la planète une guerre de conquête qui allait durer cinq cents ans. C’est sans doute le seul conflit qui, dans l’histoire humaine, mérite vraiment la qualification de guerre mondiale. Certains aspects des événements du 20 novembre à Bamako signalent peut-être un autre voie.

Engagés à la fin du XVe siècle, l’invasion des deux Amériques, la dislocation de l’Afrique du fait de la traite négrière, puis sa colonisation, l’asservissement de l’Asie et de l’Océanie établissent sur le monde ce qu’il est convenu de nommer la domination occidentale. De génération en génération, cette suprématie s’enkyste dans les esprits, établissant une hiérarchie « raciale » qui fait des Blancs le sommet de l’hominisation, délégitimant l’apport des autres civilisations à l’humanisation de l’espèce, instaurant un vertigineux déséquilibre économique entre l’Occident et le reste du monde.

Cette histoire est aujourd’hui sur le reflux. La tectonique de l’histoire est en évolution rapide. Beaucoup de nations naguère assujetties conduisent désormais seules leur destin et la Chine est devenue, pacifiquement, le premier producteur mondial de richesse marchande. La décolonisation, plus qu’imparfaite, a néanmoins donné partout le goût de la libre souveraineté.En dépit du racisme persistant, partout certains s’aiment, se marient, font des enfants sans considération de couleur. Dans les pays autrefois dominants comme la France, une part significative de la jeunesse porte sur son corps et dans ses patronymes le signe d’une ascendance dans les pays dominés. Malgré la pesante injonction souvent réflexe qui leur est faite de se dissoudre dans l’identité de leurs compatriotes « de souche », beaucoup inventent à tâtons, avec beaucoup de leurs frères et de leurs sœurs à peau blanche, une France déracialisée. Ils ouvrent ainsi l’avenir de ce pays qui n’a nul besoin d’en dominer d’autres pour exprimer sa fécondité séculaire.

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