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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Attentats de Paris: "Je ne reconnais plus la gauche dans ce pays"

29 Novembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Libertés, #"Gauche" décomplexée

ENTRETIEN Pour l'ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté et ex-président de la Commission de contrôle des écoutes, Jean-Marie Delarue, la gauche a fait sienne le discours sécuritaire de la droite,"comme sous Charles Pasqua".

Il est l'une des consciences de la gauche s'agissant des libertés publiques. Successivement, délégué interministériel à la ville, directeur des libertés publiques au ministère de l'Intérieur, contrôleur général des lieux de privation de liberté et enfin président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), Jean-Marie Delarue connait son sujet. En ce jour d'hommage de la France aux victimes des attentats de Paris, ce grand commis de l'Etat revient pour Challenges, sur l'action du gouvernement depuis le 13 novembre et dresse un bilan sans concession de "la politique sécuritaire" française des trente dernières années.

Comment accueillez-vous "le pacte de sécurité" présenté par François Hollande devant le Congrès lundi 16 novembre?

Les attentats exigeaient des réponses. On ne pouvait pas rester les bras ballants. François Hollande a frappé fort. A-t-il frappé juste? Je n’en suis pas sûr. Quand j’étais contrôleur général des lieux de privation de liberté, j’avais mis en exergue une histoire que j’avais appelé la fable du soutien-gorge. C’est le fait d’enlever systématiquement son soutien-gorge à une femme lorsqu’on la place en garde à vue, au motif que c’est dangereux. J’avais demandé à la police de m’expliquer pourquoi c’était dangereux et combien d’attaques et de suicides par soutien-gorge avaient été comptabilisés. Elle était incapable de donner le moindre chiffre évidemment. Je veux dire par là qu’en matière de sécurité, on est souvent dans l’irrationnel. L’exécutif prend régulièrement des mesures destinées uniquement à prouver sa force.

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