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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

La politique du pire pour désengorger Calais : récit de ma visite au centre de rétention de Vincennes (Esther Benbassa)

13 Novembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Étrangers et immigrés, #Réfugiés et droit d'asile

Nous savons que la « jungle » de Calais, née d’une gestion calamiteuse de la crise migratoire en cours, est devenue un véritable problème, d’abord pour les riverains, ensuite, en termes d’image, pour l’exécutif. En cette veille d'élections régionales, il semble devenu urgent sinon d’éteindre l’incendie, du moins de le circonscrire. À savoir : de désengorger Calais, même de manière absurde, abusive et précaire.

Si certains migrants sont effectivement dirigés vers des centres d'hébergement, d’autres, depuis le 21 octobre, sont massivement transférés par la Préfecture du Nord-Pas-de-Calais dans des Centres de rétention administrative (CRA). Et ce au mépris des règles qui s’imposent à l'État de droit que la France est censée être.

Qu’est-ce qu’un CRA, en effet ? Un lieu de privation de liberté où l’on enferme, en principe, des étrangers en situation irrégulière, en attente d'expulsion (même si seulement 20 à 30% d'entre eux sont effectivement renvoyés chez eux).

Or les réfugiés de Calais ou d’ailleurs ne sont pas, au sens strict, des étrangers en situation irrégulière. Ce sont des réfugiés, justement. En outre, les notifications d’Obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui leur sont délivrées, et qui permettent de les placer en CRA, stipulent explicitement (et absurdement) qu'ils ne peuvent pas être expulsés lorsqu'ils sont originaires de Syrie, Iraq ou Érythrée. Certaines de ces personnes transférées sont séparées de leur famille et de leurs proches, leurs enfants mineurs restant parfois dans la « jungle ».

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La politique du pire pour désengorger Calais : récit de ma visite au centre de rétention de Vincennes (Esther Benbassa)

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