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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Les limites de l'étiquetage des produits des colonies israéliennes

17 Novembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine BDS

Extraits d'articles et liens :

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Sur le plan économique, l’impact est mineur : les produits fabriqués dans les colonies en Palestine occupée ne représentent qu’entre 1 et 3 % des importations israéliennes en Europe selon les sources2. Seuls les produits agricoles, le vin et les produits cosmétiques sont concernés. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou se déclare pourtant choqué, crie à l’antisémitisme, menace. Il refuse surtout une mesure dont la mise en œuvre marque concrètement la reconnaissance européenne des frontières de 1967, et craint à juste titre que la directive européenne n’encourage le mouvement mondial de Boycott désinvestissement sanctions (BDS) lancé en 2005 par un appel de la société civile palestinienne. C’était un an après l’avis consultatif historique de la Cour internationale de justice (CIJ) qui avait jugé illégal le mur construit en territoire palestinien occupé et demandé aux États membres de l’ONU de ne pas participer de quelque façon que ce soit à sa construction. Un avis resté lettre morte, au même titre que des dizaines de résolutions de l’ONU concernant Israël. L’appel se disait explicitement inspiré de l’exemple sud-africain où le boycott international, conjugué aux luttes de libération menées sur le terrain, avait fini par avoir raison de l’apartheid. Il soulignait la non-violence de cette nouvelle arme pour la libération du peuple palestinien.

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Comme Noam Sheizaf l’a écrit récemment, l’UE continue d’aider Israël à maintenir l’occupation tout en s’abstenant de mesures réelles pour en limiter les activités. Dans le même temps, elle dépense de l’argent pour des infrastructures destinées aux Palestiniens – ce qui devrait être une obligation d’Israël étant le seul dirigeant souverain des territoires occupés.

Cependant, on peut se faire plus optimiste, et dire qu’il y a quelque chose d’encourageant avec ces tentatives de l’UE d’appuyer ses déclarations et d’essayer activement de nuire à l’économie des colonies. Il y a quelque chose de positif s’agissant de l’opinion israélienne contrainte de prendre en compte le fait que, même selon la loi israélienne, les colonies sont situées de l’autre côté des frontières du pays, et qu’elles sont une partie inséparable d’un régime unique qui maintient deux systèmes juridiques différents.

On peut également dire que la mesure actuelle est seulement la première de beaucoup d’autres, et qu’alors que monte la pression par l’UE pour séparer les colonies du reste du pays, le maintien de l’occupation va devenir beaucoup plus difficile.

Tout cela semble très loin de là où nous nous en sommes aujourd’hui, et ne fait certainement pas rapprocher les Palestiniens de la liberté, de l’indépendance et de l’égalité. La solution dont ils ont besoin se trouve quelque part entre deux États souverains, démocratiques, interconnectés, et un État pour les deux nations. Mais pour en arriver là, nous devons d’abord reconnaître le fait qu’il n’existe aujourd’hui qu’un seul État, qui comprend des îlots de prisons pseudo-autonomes pour les Palestiniens. C’est le même État des deux côtés de la Ligne verte.

Jusqu’à ce que nous ayons intériorisé cette réalité, les Cactus du Luxembourg pourraient bien recommencer à vendre des produits israéliens.

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