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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

De Bagdad à Paris : pas de paix sans justice ! ( Zahra Ali)

3 Décembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Questions internationales, #Politique française

Fille d’une famille d’exilés politiques irakiens, née en France, musulmane et militante antiraciste et féministe, Zahra Ali analyse les attentats du 13 novembre – « Pendant une soirée, Paris a été Bagdad » et conclut : « Plus que jamais, on a besoin d’un mouvement contre la guerre, le racisme et de solidarité avec les réfugiés. »

 

Manifestations anti-corruption, place Tahrir, Bagdad, Irak, 16 octobre 2015.

Manifestations anti-corruption, place Tahrir, Bagdad, Irak, 16 octobre 2015.

Le matin du 14 novembre 2015, je reçois des messages de ma famille de Bagdad, et d’amis de Syrie et du Liban : « Tout va bien ? », « Es-tu en sécurité ? ». Je vois apparaître sur ma page Facebook un statut indiquant qu’une centaine de mes « amis » sont « en sécurité ». Je consulte les informations, et comprends qu’il est arrivé un drame et je prends peu à peu connaissance, depuis Londres où je vis, de l’ampleur du massacre.

La peur et la tristesse m’envahissent, j’en ai des sueurs froides, et mon cœur se fend : 130 morts et plus de 300 blessés, à Paris, ville où je suis née. Spontanément, mon esprit pense aussi à Bagdad où j’ai vécu et où vit ma famille, et où presque chaque semaine se produit ce drame, cette peur, cette tristesse qui fend le cœur mille fois. « Vous occupez toutes nos pensées, que Dieu vous vienne en aide » m’écrivent mes tantes, cousins et cousines de Bagdad au lendemain des tueries du 13 novembre. Ces messages me touchent d’autant plus que, de leur côté, ils ne recevront pas de messages de solidarité du monde entier, ils n’auront pas droit à une rubrique Facebook leur permettant d’indiquer qu’ils sont « en sécurité », et aucun pays, groupe et dirigeant n’ira chanter l’hymne national irakien, ni brandir les couleurs de son drapeau. Et cela depuis plus de 10 ans maintenant, la vie des Irakiennes et des Irakiens est marquée par des explosions, des fusillades, des kidnappings, des checkpoints qui divisent les différents quartiers de Bagdad et tout le territoire, et à la présence d’hommes armées à tous les coins de rue. Les Irakiennes et Irakiens vivent au milieu de cet état de guerre, de terreur et d’horreur depuis l’invasion et l’occupation lancées par l’administration étasunienne en 2003.

 

« Pendant une soirée, Paris a été Bagdad. »

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