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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Élections régionales 2015 : les réactions des mouvements antiracistes

7 Décembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Politique française, #Mouvements antiracistes

LDH, 7 décembre 2015 :

La LDH prend acte des résultats du premier tour des élections régionales. Constater le niveau historique atteint par le Front national n’enlève rien à la nature de ce parti. Ses dirigeants ont appris à faire révérence à la démocratie. Ils ne sont pas devenus, pour autant, des démocrates. Le Front national continue d’être l’héritier de tout ce que notre pays a pu connaître de détestable dans son histoire, et nul ne doit s’y tromper : sa victoire, fût-ce dans une seule région, aura une résonnance symbolique désastreuse et des conséquences dramatiques pour la vie démocratique, économique, sociale, associative ou artistique de ce territoire. Mais combattre l’imaginaire mortifère de ce parti suppose que l’on entende d’abord ces milliers d’espoirs déçus ou trahis. C’est d’abord notre impuissance collective à proposer un autre avenir qui est en cause. Cela implique que les choix offerts aux électeurs et aux électrices expriment clairement que d’autres chemins sont possibles. Peut-être encore pire que le Front national lui-même sont ses idées, reprises par les uns et les autres et qui deviennent ainsi une maladie chronique de notre pays. En reprenant certains des projets du Front national, de manière plus ou moins édulcorée, on accrédite l’hypothèse d’une société repliée sur elle-même, aux libertés surveillées et où chacun sera l’ennemi de l’autre. User de la peur, celle que provoque la violence du monde, l’injustice de notre société ou l’image de l’autre pour gouverner entraîne autant d’illusions à court terme que de désastres pour l’avenir. Nous avons besoin d’une autre ambition que celle qui consiste à cultiver l’exercice du pouvoir.

Les enseignements à tirer de ces résultats électoraux ne peuvent être de renoncer à nos principes. Mais ceux-ci ne peuvent reprendre le dessus que s’ils sont affirmés sans détours. Nous devons tout mettre en œuvre pour construire un autre projet qui se développe dans une démocratie ouverte et solidaire, inscrite dans le monde et l’Europe et ancrée dans notre pays. C’est notre responsabilité collective.

LICRA, 7 décembre 2015

Il y a quelques années on nous disait que ce n’était pas grave que le Front National obtienne quelques sièges dans des conseils municipaux. Puis que ce n’était pas grave qu’il conquiert quelques mairies. Ce n’était pas grave non plus qu’il fasse élire des députés, puis des sénateurs. Comme ce n’était pas grave qu’il entre dans les Conseils Régionaux avec des groupes de plus en plus nombreux et de plus en plus importants. Aujourd’hui il s’apprête à conquérir plusieurs régions. Et dans 18 mois, que dirons-nous quand nous aurons livré le pays tout entier à un parti d’extrême droite ?
Nous avons encore, peut-être, la possibilité d’éviter le désastre en même temps que la honte. Il est hélas trop tard pour convaincre massivement les abstentionnistes de voter dimanche prochain; ils ont trop été désespérés pour qu’on puisse les « récupérer » en si peu de temps. Mais il n’est pas trop tard pour dresser le dernier rempart d’un Front de Défense Républicain auquel aspirent tous les démocrates de France. Marine Le Pen et ses acolytes hurleront au complot UMPS. Et alors ? Le temps n’est plus à l’hypocrite et opportuniste « ni-ni » et aux discours éculés sur les « voix qui ‘appartiennent à personne ». Face au danger qui menace, il faut que tombent les masques et que chacun prenne ses responsabilités.

N’en déplaise à nos responsables politiques dont beaucoup semblent une nouvelle fois n’avoir rien compris, le choix n’est pas entre la gauche et la droite, mais entre les démocrates attachés aux valeurs de la République et l’extrême droite qui foule au pied ces valeurs. Pour éviter le pire, pour signifier clairement que nos Régions ne veulent pas être gouvernées par un parti qui n’a pour seul programme que la division des français, il n’y a d’autre solution pour le second tour des élections régionales que le désistement de la liste la moins bien placée ou la fusion des listes des démocrates, dans un sursaut d’union nationale. Celles et ceux qui croient pouvoir éviter la défaite au prix du déshonneur auront le déshonneur et aurons la défaite. Ils en seront responsables face à l’histoire, car la victime sera la France.

Alain Jakubowicz, Président de la Licra

MRAP 7 décembre 2015

Le MRAP fondé en 1949 est héritier d'une histoire. Certains de ses fondateurs avaient connu le pire du fascisme et du nazisme, ils savaient que face à l'horreur absolue il fallait faire barrage, au-delà des sensibilités partisanes.

Si dans l'extrême-droite d'aujourd'hui les costumes et les tailleurs ont remplacé les uniformes, la haine de l'autre demeure le ciment commun à l'extrême-droite . On peut imaginer au regard de l'histoire jusqu'où pourrait nous mener le programme du FN avec son cortège de ségrégation, d’arbitraire et de violence.

 

Irresponsables, ceux qui face à ce péril feraient le choix d'abandonner des exécutifs régionaux aux candidats du FN.

Il y a un temps pour chaque chose ; il appartiendra à tous ceux qui se réclament de la démocratie et de la République de déterminer rapidement les raisons de ce séisme politique qui met la France dans un situation pré-fasciste et apporter les réponses politiques qui s'imposent..

Mais dans l'immédiat, dimanche 13 décembre, chaque vote là où le Front National est en position de gagner une région, ne devra répondre qu'à une seule exigence : faire barrage au Parti de la Haine et de celle qui en 2012 honorait de sa présence le bal des nostalgiques du nazisme à Vienne.

 

Paris, le 7 décembre 2015

SOS-Racisme

7 décembre 2015 (tribune de Dominique Sopo parue initialement dans le Huffingtonpost); reçue à 11 h 34,

également en ligne sur le site national

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