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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Yémen, silence on tue ! ( Helen Lackner)

15 Décembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Yémen, #Proche et Moyen-Orient

Sanaa. Mars 2007. Droits réservés

Sanaa. Mars 2007. Droits réservés

La guerre menée par air et par mer contre le Yémen touche-t-elle à sa fin ? Une deuxième série de « pourparlers de paix » est prévue en Suisse à partir du 15 décembre, sous l’égide de l’ONU. Retour sur la tragédie d’un peuple qui subit, outre les bombardements, le blocus de la coalition menée par l’Arabie saoudite et qui, dans l’incapacité de fuir le pays, est menacé par les épidémies et la famine.

Fixer les termes d’une réunion entre les parties en conflit a pris près de 6 mois à Ismail Ould Cheikh Ahmed, le nouvel envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies. Bien qu’il ait dû faire face au travail de sape de son prédécesseur et au faible soutien des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, sa nomination a été acceptée par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) en grande partie parce qu’il était considéré comme faible et inefficace. Il a travaillé dans des conditions loin d’être idéales : parvenir à un accord sur une réunion est déjà une réalisation importante, étant donné la réticence des parties belligérantes et de l’environnement international. Ceci dit, personne n’attend grand chose — peut-être même rien — de ces pourparlers. Mais l’espoir fait vivre tous ceux qui ont des amis ou de la famille au Yémen.

Le Yémen n’est pas seulement victime d’une guerre civile meurtrière entre des factions vaguement alignées sur le soi-disant gouvernement «  légitime  » d’une part et sur l’ancien président Ali Abdallah Saleh et ses alliés houthis de l’autre. Cet affrontement a été considérablement aggravé par l’intervention étrangère ouverte. C’est une guerre par procuration menée par les États arabes du Golfe dirigés par un nouveau,jeune et belliciste leadership en Arabie saoudite, qui insiste sur le fait que le Yémen est le terrain d’une lutte à mort contre son rival l’Iran pour la domination politique dans la péninsule Arabique.

L’implication iranienne est cependant surestimée. Téhéran n’a ni sponsorisé, ni même soutenu les houthistes la plupart du temps. C’est une guerre que mène la coalition du Golfe dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis  ; elle comprend tous les États du CCG à l’exception d’Oman, et plusieurs autres États arabes et africains dont la motivation est étroitement liée à une volonté de garantir un soutien financier des États du CCG.

Ayant mécontenté les États du CCG avec l’accord sur le nucléaire iranien, les États-Unis et les autres États occidentaux ont aidé ce dernier en abdiquant toute faculté critique, sans parler de leurs propres engagements quant au Traité sur le commerce des armes (TCA) et d’autres aspects du droit international humanitaire. Ils ont continué à fournir armes et munitions à la coalition — y compris des bombes à fragmentation dont ils savent qu’elles sont utilisées contre des civils. Ils n’ont ainsi émis que de timides critiques des frappes aériennes de la coalition ou des bombardements opérés par l’alliance houthis/Saleh sur les installations humanitaires, même après la destruction de deux hôpitaux gérés par l’organisation humanitaire universellement respectée qu’est Médecins sans frontières (MSF), en plus d’un total de 69 autres installations médicales frappées depuis mars 2015.

Des habitants privés de tout

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