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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

L’antiracisme, un défi à relever ! Celui de l’égalité et de l’unité du peuple ! - Contribution collective PCF

27 Février 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Antiracisme politique

Conclusion de ce texte très intéressant et qui mérite débat :

LES DEFIS A RELEVER !

Les descendants de l’immigration post coloniale très présents dans les quartiers populaires, sont identifiés comme majoritairement des électeurs de gauche.

Après la révolte des banlieues en 2005, ils se sont massivement inscrits sur les listes électorales, ils ont voté massivement pour Ségolène Royal en 2007.

En 2012, les électeurs identifiés comme de confession musulmane ont voté au 1er tour à 57 % pour François Hollande et à 20 % pour Jean Luc Mélenchon, ils ont voté à 85 % pour Hollande au 2ème tour.

Leurs attentes sociales étaient fortes (emploi et salaires) avec des demandes pour rentrer dans la normalité (droit de vote des résidents étrangers, lutte contre le contrôle au faciès, lutte contre les discriminations, fin de la stigmatisation des musulmans et des quartiers populaires).

En avril 2014, l’ancienne députée socialiste, Christine Lazergues, présidente de la CNCDH, déclarait que la politique de l’évitement du Gouvernement sur tous les sujets liés à la lutte contre le racisme avait, aux élections municipales, découragé l’électorat de gauche des quartiers populaires de voter alors que le racisme culturel et l’intolérance religieuse étaient en constante augmentation depuis 4 ans.

L’enquête produite dans le livre « Karim vote à gauche et son voisin vote FN », confirme le rôle joué par les citoyens ayant un patronyme arabo musulman dans la victoire de Hollande en 2012 et dans la défaite de la gauche en 2014. Sociologie électorale de l’immigration par Gilles Finchelstein Jérôme Fourquet

Les résultats des élections départementales et régionales ont confirmé l’abstention massive de ces électeurs.

Cet électorat stigmatisé, instrumentalisé, montré du doigt, trahi a démontré qu’il pouvait faire gagner ou perdre une élection et qu’il pouvait se mobiliser au 2ème tour face à la menace du FN.

Les électeurs du Front de Gauche, socialistes, écologistes qu’ils votent ou qu’ils se réfugient dans l’abstention peuvent se retrouver sur les questions sociales articulées à la lutte contre le racisme et les discriminations, ils refusent la stigmatisation des pauvres et des étrangers et sont plus favorables au droit de vote des résidents citoyens non européens aux élections locales.

Les bases d’un rassemblement pour transformer l’actuel pessimisme en force d’espérance existent à condition de ne pas subir l’extrême-droitisation du débat politique.

Si le PCF a, longtemps, su accueillir les enfants de l’immigration et a participé au processus de leur intégration dans la classe ouvrière au sein de l’entreprise, comment aujourd’hui, dans des quartiers confrontés au chômage de masse, réconcilier les populations discriminées avec l’action politique, comment travailler, à égalité, avec des mouvements « politisés » qui se structurent parfois en dehors des partis ?

Face à l’offensive des néo conservateurs et des néo-républicains porteurs d’une vision républicaine franco-centrée autoritaire et incantatoire portons une 6ème république sociale, solidaire, participative, humaniste et antiraciste.

Dans son livre « Femmes, race et classe » Angela Davis démonte et démontre les liens entre le pouvoir « blanc », l’exploitation de classe et la domination masculine.

Elle met en avant la nécessité, pour ceux et celles qui vivent ce cumul de discriminations, d’articuler les luttes, de les mener de manière solidaire pour faire reculer toutes ces dominations. Angela dénonce tout ce qui empêche la convergence des luttes entre dominé-es. Elle nous dit que ces luttes sont politiques.

Ce qu'elle a dénoncé comme femme noire américaine, dans les années 60, reste d'actualité en France, les exemples crèvent les yeux.

Chaque fois que nous le pouvons, nous devons créer des passerelles, des convergences entre les luttes mettant en cause la domination capitaliste, les combats féministes et anti racistes sans les hiérarchiser en dépassant les contradictions pour gagner le rassemblement de tous les opprimés.

C’est là une des responsabilités du PCF comme celle de dénoncer le piège de l’instrumentalisation et de la hiérarchisation des différentes formes de racismes, mais aussi celle d’affirmer que le combat anti raciste pour la dignité et l’égalité réelle est celui de l’émancipation !

Au Festival d’Avignon 2015, lors du débat « Quelle réponse culturelle à la crise de sens » entre Alain Hayot, Pierre Laurent et Edwy Plenel, ce dernier est revenu sur son livre « Pour les musulmans » titre en résonance avec « Pour les juifs » de Zola, qui vibre de cette aspiration à considérer l’autre tel qu’il est, sans chercher à l’assimiler.

« Ce livre est comme un cri d’alarme » disait Edwy Plenel « nous vivons dans des sociétés inégalitaires, autoritaires dans lesquelles nous demandons à l’autre de nous ressembler ». Il évoquait le paternalisme colonial mais aussi la lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez, en 1956, lui reprochant le « fraternalisme » du PCF et la suprématie du « grand frère ».

Ce qui amena Pierre Laurent à affirmer sa volonté de mener jusqu’au bout la réflexion sur les transformations du PCF afin que notre parti soit vraiment capable de « créer du commun ».

Relevons ce défi ! Celui de l’égalité et de l’unité du peuple !

Cette contribution doit se voir comme une invitation à débattre de questions insuffisamment discutées, à notre sens, dans notre parti afin que les communistes s’emparent de questions qui traversent la société et sur lesquelles nous avons besoin de confronter nos analyses, nos points de vue afin que le PCF se positionne politiquement dans le combat anti raciste pour faire reculer toutes les formes de racismes et les discriminations et gagner la bataille de l’égalité.

Fabienne HALOUI (84), Maryse TRIPIER (92),

Naïma AIFAOUI (84), Elsa BARDEAUX (94), Florence BIHET (78),

Pierre BOUKHALFA (74), Kamila BOUHASSANE (84), Agnès CLUZEL (93),

Annick HERBIN (92), Mohamed ITRISSO (13), Brahim JLALJI (17),

André LANDRAIN (92), Latifa MADANI (06), Anna MEYROUNE (89),

Mehdi MOKRANI (94), Sonya NOUR (92), Henri POUILLOT (78),

Mylène VESENTINI (11), Laurence ZADERATZKY (62)

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