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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

« L’Arabe du futur », ou la force des préjugés (Laurent Bonnefoy)

5 Février 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Racisme

Sorti au printemps 2014, L’Arabe du futur, une bande dessinée de Riad Sattouf, connaît depuis plusieurs mois un succès qui ne se dément pas : critiques dithyrambiques, prix en série, bouche à oreille et tirage exceptionnels. La fortune de cet ouvrage autobiographique, volontiers caustique, pose toutefois quelques questions. Derrière un thème qui sied bien à un lectorat qui se conçoit comme progressiste et s’affirme en quête de connaissances sur le Proche-Orient, se révèle un propos stéréotypé, bien souvent en plate adéquation avec les préjugés sur « les Arabes » qui traversent la société française.

L’Arabe du futur. Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) est sorti en mai 2014, a été réimprimé plusieurs fois, et il en a été tiré à ce jour plus de 150 000 exemplaires. C’est un indéniable succès pour son petit éditeur, Allary. Cette bande dessinée, ou « roman graphique » de 160 pages est le premier volet d’une série autobiographique de Riad Sattouf, auteur et cinéaste, pendant longtemps collaborateur de Charlie Hebdo. Il y narre les six premières années de l’enfant qu’il était, issu d’un mariage entre une Bretonne et un universitaire syrien, affecté, avec femme et enfants, en Libye puis en Syrie.

Le parti pris est celui de raviver les souvenirs bruts d’un enfant et d’une famille confrontés, au tournant des années 1980, au quotidien de sociétés soumises aux régimes autoritaires de Mouammar Kadhafi et de Hafez El-Assad. La politique n’apparaît donc qu’en filigrane, jamais décisive quant à la trame de l’action, même si la répression des deux régimes arabes et l’absurdité de certaines situations ou du culte de la personnalité occupent plusieurs pages. Le personnage du père, Abdel Razak, docteur en histoire de la Sorbonne, professeur à Tripoli puis à Damas incarne le rêve nationaliste arabe et la façon dont ce projet s’est pleinement accommodé des dictatures. Le propos de Riad Sattouf est donc personnel, issu d’anecdotes soi-disant vécues à la première personne.

RÉCIT D’ENFANCE, REGARD « INNOCENT » ?

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