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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

La légende laïcarde des circulaires Jean Zay, ou comment justifier l’islamophobie en agitant le cadavre du Front Populaire

20 Février 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Laïcité, #Islamophobie

Un argument est très à la mode dans les milieux des laïcards de gauche. Quand on fait remarquer aux partisans de la laïcité absolue que le « débat » français sur le voile et, en particulier, la loi de 2004 votée sous Luc Ferry ont posé les bases d’une institutionnalisation de la xénophobie anti-musulmane (je dirai plus loin islamophobie), ils rétorquent : « Vous n’avez rien compris, la tradition laïque est profondément de gauche, d’ailleurs le ministre de l’éducation du Front Populaire, Jean Zay, avait produit des circulaires très claires qu’on aurait dû utiliser directement pour interdire le voile à l’école au lieu de se lancer dans toutes ces simagrées. »

Les ennemis de ce grand retour au principe laïc seraient-ils renvoyés dans les cordes ? Avec Jean Zay, figure du progressisme éducatif, et le Front Populaire comme faire-valoir, est-il permis de remettre en cause la tradition laïque et de gauche de la République Française ? Sauf que… cet argument est profondément malhonnête et une simple lecture des dites circulaires le prouve. Il est surprenant qu’autant d’esprits brillants ce soient dispensé d’un simple travail de comparaison entre le projet politique du ministre Zay et celui du ministre Ferry. Peut-être leur intelligence a-t-elle été aveuglée par un excès de foi républicaine ?

Toujours est-il que les circulaires s’inscrivent dans un contexte très particulier : les années 1936-37. En 1934, le spectre des ligues fascistes et réactionnaires fait trembler la République, si bien qu’en mai 1936, le Front Populaire arrive au pouvoir grâce au soutien (soviétique) des communistes. Les milieux révolutionnaires sont en ébullition : les grèves et les occupations d’entreprises s’enchaînent. C’est une époque de grande violence politique et cette violence se trouve évidemment projetée dans les établissements secondaires. On dessine à la craie croix gammées ou faucilles et marteaux sur les murs ; les bagarres entre jeunes des deux bords sont récurrentes et même les professeurs et chefs d’établissements ne se gênent souvent pas pour faire de la propagande active, aussi bien brune que rouge.

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