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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Pourquoi « l’intifada des couteaux » continue (Sylvain Cypel)

25 Février 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Colonisation occupation

« Les enfants perdus de la génération d’Oslo »

Les attaques à l’arme blanche perpétrées depuis octobre 2015 par de jeunes Palestiniens contre des Israéliens — couramment désignées sous le terme d’« intifada des couteaux » — ne sont pas près de s’arrêter, tant que ces enfants perdus resteront déterminés à transformer en action leur désespoir face à un horizon totalement bouché. Pendant ce temps, Benyamin Nétanyhaou promet aux Israéliens un avenir radieux : leur « villa dans la jungle » sera un jour entièrement clôturée.

On a pu croire un moment, en décembre-janvier, que l’«  intifada des couteaux  » — qui désigne les attaques commises par de jeunes Palestiniens avec des outils coupants contre des soldats, des colons et parfois des civils israéliens à l’intérieur même d’Israël —, lancée le 1er octobre 2015 par l’assassinat d’un couple de résidents de la colonie religieuse de Neria, s’essoufflait et déclinait. On constate qu’il n’en est rien. Vendredi 19 février, deux membres de la police des frontières étaient attaqués au couteau à la porte de Damas, une des principales entrées de la Vieille Ville de Jérusalem, et légèrement blessés par un Palestinien de vingt ans du village de Kfar Aqab, situé à l’intérieur des limites municipales de la ville. Comme dans la grande majorité des cas, l’assaillant était abattu aussitôt par les forces israéliennes. Selon l’agence palestinienne Ma’an, dimanche 21 février au matin, les forces israéliennes ont arrêté deux jeunes : un garçon de 14 ans d’un village près d’Hébron et une jeune fille de 17 ans du district de Naplouse, tous deux suspectés d’avoir cherché à attaquer des soldats au couteau. Quelques heures plus tard, un jeune de quinze ans qui avait tenté de poignarder un soldat israélien était tué près de Naplouse.

Un pic avait été atteint le 14 février, avec huit attaques perpétrées en différents points de la Cisjordanie et à Jérusalem-Est en l’espace de douze heures : trois à l’arme blanche, trois autres avec des armes à feu et deux avec des bombes artisanales. Aucune n’a fait de victime, comme c’est le cas en général. Cinq parmi les assaillants palestiniens ont été tués (là encore, comme à l’accoutumée) et l’un gravement blessé. Selon les autorités israéliennes, le 19 février, en quatre mois et demi, 31 Israéliens étaient décédés des suites de ces attaques, et 174 Palestiniens avaient été abattus (et un peu plus d’une quarantaine d’autres capturés). Des chiffres d’une envergure «  limitée  », comparé au pic de la seconde intifada, par exemple. Mais le responsable des affaires sécuritaires du journal Haaretz, Amos Harel, comparant avec les quatre premiers mois et demi de cette seconde intifada, parvient à une conclusion sans appel : «  Israël est en pleine intifada  »1. Car le nombre des victimes il y a 15 ans, durant la même période initiale, étaient certes supérieur, mais seulement deux fois plus (58 Israéliens et 320 Palestiniens décédés).

Des attaques imprévisibles

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