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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Enquête sur BDS : les défis d'une nouvelle génération de militants pro-palestiniens

29 Mars 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine BDS

Plus de dix ans après son lancement par des associations palestiniennes, la campagne de boycott d'Israël gagne du terrain en Europe. Si elles ne font pas encore vaciller l'économie israélienne, les actions de boycott et de désinvestissement fragilisent Tel-Aviv. Et inquiètent ses amis. Notamment en France, où le mouvement fait l'objet d'une criminalisation politique et judiciaire.

 

L'émergence d'une nouvelle génération de militants internationaux et conjointement l'échec, en Palestine, du « processus de paix » permettent de comprendre la dynamique de la campagne BDS. Elle est encore loin de son modèle, le boycott du régime sud-africain, mais elle provoque en France un renouvellement du débat stratégique au sein du mouvement de solidarité.

Extrait :

Une « génération d'avant » avec qui la rencontre ne s'est pas toujours faite sans heurts. Installée à Bordeaux où elle a achevé en septembre dernier des études de droit international après un parcours en sciences politiques, Leyla, 25 ans, a rejoint Génération Palestine, qui « porte la campagne BDS sur Bordeaux », à l'occasion d'un événement universitaire en 2009. Elle estime que « si BDS rassemble aujourd'hui une nouvelle génération, c'est parce qu'ailleurs, dans les organisations traditionnelles, l'ancienne génération n'a pas fait de place. Sur Bordeaux, la fracture, on l'a vue physiquement à l'été 2014, explique-t-elle. En schématisant, je dirais qu'il y avait d'un côté des vieux hommes blancs et de l'autre, des jeunes des quartiers populaires ! ». Dont beaucoup de jeunes femmes – « BDS, c'est le girl power ! » plaisante Imen Habib, co-animatrice nationale de BDS France.

Les importantes manifestations de l'été 2014 contre la guerre à Gaza sont présentées de façon assez unanime comme un moment de césure au sein du mouvement de solidarité. « Il y a eu une fracture, confirme Monira, 34 ans, militante du comité BDS Saint-Étienne depuis un an et demi. Je pense que les mouvements traditionnels se sont sentis dépossédés de cette lutte. » Et dans un contexte de répression (à Paris notamment, où la manifestation du 19 juillet entre Barbès et l'Opéra avait été interdite et plusieurs militants interpellés), les tensions internes se sont cristallisées sur la ligne où la gauche se fracasse depuis une quinzaine d'années : le rapport à l'islam.

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