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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

L’Intifada palestinienne : six mois, six observations (Alaa Tartir)

8 Avril 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Colonisation occupation, #Palestine Mouvement national

Les six derniers mois illustrent clairement une fois encore le rôle problématique de l’Autorité palestinienne en tant que sous-traitant de l’occupation israélienne.

Quelles sont les observations essentielles, au moins quelques-unes, que l’on peut faire en partant du cycle de confrontations et de violences qui se déroule en Palestine/Israël depuis octobre 2015 ? Six conclusions principales peuvent être tirées de cette période.

Premièrement, ces derniers mois montrent comment sont faibles et illégitimes les partis politiques palestiniens dans l’ensemble du spectre politique. Ces partis politiques « historiques » n’ont pas réussi à fournir la représentation institutionnelle et le soutien politique nécessaires à la jeunesse palestinienne, une jeunesse qui s’est révoltée en une vague de colère contre les multiples sources d’oppression.

Ils n’ont pas réussi à mobiliser les masses, à doter la jeunesse en révolte de l’éducation politique et d’un espoir pour l’avenir dont elle a besoin, et ils n’ont pas réussi à remettre en cause les appareils de la sécurité et les décisions politiques de l’Autorité palestinienne (AP). Certains partis semblent même ne pas être intéressés à reprendre la lutte nationale pour les droits politiques et civils, et paraissent à la place plus motivés par le maintien du statu quo de l’occupation militaire persistante.

Ces multiples défaillances ne résultent pas seulement du fait que ces partis politiques sont dysfonctionnels ou inefficaces, mais aussi de leur manque de volonté politique, et de leur direction et leurs programmes politiques qui sont considérés comme illégitimes et inappropriés par le peuple palestinien.

La faiblesse des partis politiques traditionnels n’est pas un facteur exogène, mais plutôt le résultat d’une transformation intestine qui s’est produite au sein des structures politiques, du programme et des manières de gouverner palestiniens. En particulier, ces transformations ont lieu depuis 2007, dans le sillage de la division intra-palestinienne, et comme une conséquence tant du projet d’édification d’un État en Cisjordanie occupée que de de la consolidation du pouvoir dans la bande de Gaza assiégée et occupée.

Deuxièmement, les six derniers mois illustrent clairement une fois encore le rôle problématique de l’Autorité palestinienne en tant que sous-traitant de l’occupation israélienne en ce qui concerne les questions de sécurité. En dépit de la rhétorique ronflante de la direction de l’OLP (pas de son président) sur l’arrêt de la collaboration avec Israël en matière de sécurité, cela reste un mythe et, en réalité, cette collaboration s’est intensifiée au cours des six derniers mois et elle a même été fièrement célébrée par la direction de l’establishment de la sécurité à l’AP.

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