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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Shlomo Sand: « L’islamophobie a remplacé la judéophobie »

20 Avril 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Islamophobie

Shlomo Sand: « L’islamophobie a remplacé la judéophobie »

C’est un livre stimulant, mêlant érudition et mise en perspective historique, qu’a sorti Shlomo Sand. Sous le titre "La Fin de l'intellectuel français ? De Zola à Houellebecq", l’historien israélien y interroge la figure de l’intellectuel en France.

(Propos recueillis par Hassina Mechaï)

Plus précisément, tout au long du livre, court un double questionnement : celui de la centralité de la France, et de Paris particulièrement, dans la production intellectuelle et la disparition (ou non) des « grands intellectuels ». Une des thèses développées dans le livre pose qu’ « alors que l'intellectuel parisien moderne est né dans le combat contre la judéophobie, le crépuscule de l'intellectuel du début du XXIe siècle s'inscrit sous le signe d'une montée de l'islamophobie ». Shlomo Sand, habitué à s’attaquer de front à toutes sortes d'orthodoxies, dynamite au passage, en mots et épigrammes bien sentis, certains des intellectuels médiatiques les plus en vue : Bernard-Henri Levy ? « Un Malraux universaliste en France mais un Barrès très nationaliste en Israël ». Michel Houellebecq et son livre Soumission ? « Si l‘on [y] remplaçait les musulmans par les juifs, l’on pourrait qualifier le message du livre de belle haine, selon le qualificatif appliqué à la judéophobie, il y a près de 120 ans ».

Et puis il y pointe ces intellectuels, passés du maoïsme au (néo) conservatisme et qui ont mythifié un « passé stable et homogène qui, en fait, n'a jamais existé » (beaucoup se reconnaîtront). Shlomo Sand écrit aussi, au détour d’une phrase : « Durant toute ma vie j’ai aspiré à devenir un intellectuel critique ». C’est là peut-être la clé de son livre : celle d’une désillusion, d’une « désabusion » devant les lâchetés, atermoiements, abandon des luttes progressistes de certains intellectuels : de Sartre ou Beauvoir dont le comportement sous l’occupation demeure pour le moins problématique à certains penseurs qui selon le beau mot de Paul Claudel, ont été, sont et seront « pour tous les Jupiter, contre tous les Prométhée ».

Votre ouvrage indique en sous-titre : De Zola à Houellebecq. Est-ce une façon de pointer une forme de déliquescence de la figure de l’intellectuel français, qui commencerait par l’auteur de J’accuse! et finirait par l’auteur de Soumission ?

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