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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Des «gros bras» de SOS Racisme accusés de violences lors d'une réunion féministe

16 Juin 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Mouvements antiracistes

Par Feriel Alouti

Des membres du service d'ordre de SOS Racisme sont poursuivis pour avoir violenté et menacé des militantes féministes lors de la réunion constituante de leur association. Celle-ci devait marquer la rupture avec Ni putes ni soumises, alors que la présidente de ce mouvement, Fadela Amara, venait d'intégrer le gouvernement Fillon. Le procès a eu lieu mardi 14 juin… plus de huit ans après les faits.

En février 2008, plusieurs hommes du service d’ordre de SOS Racisme ont fait irruption dans une réunion organisée par des militantes féministes, qui les accusent d'avoir été menaçants et de les avoir agressées. Une affaire de règlement de comptes pour les plaignantes, une banale histoire de « beuverie » pour la défense. Au terme d’une instruction interminable, le procès s’est finalement tenu mardi 14 juin.

Avant de rappeler le déroulé des événements, la présidente de la Xe chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris commence par une mise au point. Elle est là pour juger les personnes poursuivies pour les faits qui leur sont reprochés, pas pour se prononcer sur l'existence ou non d'un commanditaire. Sur le banc des prévenus, ils auraient dû être quatre, mais deux hommes n'ont pas fait le déplacement. Le premier rencontre des « problèmes psychiques », assure son avocat. Le second a disparu dans la nature.

Ces hommes sont jugés pour « violences en réunion avec préméditation, dégradations graves par effraction et menaces de crime ». L’affaire remonte au 3 février 2008. Ce jour-là, selon le récit qu'en fait la magistrate, l’association féministe Les insoumises organise une réunion dans les locaux professionnels de l’une des membres. L’objectif est de créer les statuts de l’association. Mais vers 16 h 15, un commando de « quatre ou cinq hommes », dont certains avancent le visage couvert, débarquent dans la salle et « renversent la table ». Le meneur « saisit par les épaules » l’une des participantes et partie civile au procès. Il tente de la frapper au visage mais « son coup est amorti » parce que quelqu'un s'interpose. Avant de s’en aller, il lance à la cantonade : « Vous avez compris, c’est terminé pour vous ! »

Parmi les 14 participants à la réunion, certains reconnaissent aussitôt Farid B. et Gilles G., deux « gros bras » du service d’ordre de SOS Racisme. Les enquêteurs identifieront par la suite deux autres individus. Dès le début de l’audience, la présidente du tribunal rappelle le contexte particulier dans lequel intervient cette intrusion. À l’époque, une tornade s’abat sur le mouvement Ni putes ni soumises (NPNS) : sa présidente, Fadela Amara, figure de gauche, vient d’accepter d'entrer dans le gouvernement Fillon en tant que secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville. Cette trajectoire est perçue comme une « trahison » par bon nombre de militantes.

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