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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Les exilés Algériens de Tizi Ouzou à Safed en Palestine

15 Juin 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Colonisation, #Algérie (1830-1962), #Palestine Réfugiés

Ils étaient quelques centaines seulement dans le village de Dayshum (دَيْشُومْ) à Safed (صَفَد) dans le département palestinien de Galilée (Al-Jalil الجليل) à la frontière avec le Liban. Ils vivaient là éparpillés dans une centaine de maisons depuis le milieu du 19ème siècle après avoir fui les persécutions et les graves injustices commises à leur encontre dans leur propre pays, l'Algérie, par les colonisateurs français.

De Tizi Ouzou à Galilée...

La plupart d'entre eux venaient des monts du Djurdjura et la région de Tizi Ouzou (تِيزِي وَزُّو) en particulier. Et dès leur arrivée en Palestine, ils prirent contact avec les enfants de l'Emir Abdelkader, Khaled, Said, Hassan et Salah, comme le faisaient pratiquement toutes les communautés algériennes de Bilad Achcham (بلاد الشَّام) de l'époque pour s'entraider, défendre leurs intérêts, mais surtout dans le but d'organiser et coordonner leurs activités politiques militantes.

Leurs noms ? Des noms souvent de familles algériennes farouchement résistantes à l'occupation française de l'Algérie. Beaucoup d'entre eux appartenaient aux troupes de combattants qui se sont soulevés contre l'expédition militaire française en Kabylie et aux soldats de Cheikh le Bach Agha Mohammad Al-Moqrani lors de la révolte de 1871, tels que les Ait Yahia (آيتْ يحي), Meziane (مزيان), Ait Ahmed (آيت أحمد), Al-Haddad (الحدَّاد), Ouadhi (واضي), Al-Qadi (القاضي), Khlifaoui (خْلِيفَاوِي), Boudjemaa (بُوجَمْعَة), Qaci (قَاسي), Moh Lamnawwar (مُوحْ المْنوَّرْ), Ouqacem (أُوقَاسم), Bouaddou (بُوعَدُّو), Zarrouq (زَرُّوقْ)...

A l'époque, on n'émigrait pas en France. On partait, de gré ou de force, à Tunis, en Alexandrie en Egypte, au Hijaz en Arabie Saoudite, mais surtout au Bilad Achcham qui englobait avant Sykes-Picot- l'ensemble des actuels territoires syrien, libanais, palestinien et jordanien. Même les exilés en France déployaient tous leurs efforts pour convaincre les autorités de ce pays de leur permettre de partir en Orient.

Parmi eux, le grand Mufti malékite de Al-Jamiî Al-Kabir (الجامع الكبير) à Alger Si Mustapha ben Al-Kbabti (سي مصطفى بن الكْبَابْطِي), qui dès son arrivée en France en 1843 ne souhaitait guère y rester longtemps et priait Paris de lui accorder le droit de partir au Machreq (المشرق).

Arrivés à Bilad Achcham, les Algériens de Tizi Ouzou choisirent de s'installer à Safed sur les rives de Ouadi Al-Handaj (وادي الحنداج), où ils allaient vivre de la culture de légumes et de fruits, mais surtout de la plantation d'oliviers, ainsi que de l'élevage comme ils le faisaient sur les monts du Djurdjura.

Les racines...

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