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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Quel Jérusalem ? Les plans directeurs mal connus d’Israël

21 Juin 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Jérusalem

SOMMAIRE

Jérusalem 2050 : destination largement juive de technologie de pointe et de tourisme avec une présence palestinienne minimale. C’est une conception de la ville par Israël qui la met en place grâce à trois plans directeurs – dont deux sont relativement méconnus. Nur Arafeh, membre politique d’Al-Shabaka, donne une analyse succincte de ces trois plans et des façons dont les Palestiniens peuvent les réfuter.

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Aperçu

On est en 2050 et Israël a réalisé sa vision de Jérusalem : Les visiteurs verront un centre juif de technologie de pointe au milieu d’une mer de touristes, avec une présence palestinienne minimale. Pour accomplir cette vision, Israël travaille sur trois plans directeurs ; un est bien connu, mais deux restent sous la ligne de visibilité.

Edward Said avait déjà prévenu en 1995 que ce ne serait « qu’en projetant une idée de Jérusalem qu’Israël pourrait alors procéder aux changements sur le terrain [qui] correspondraient ensuite aux images et aux conceptions ». « L’idée » d’Israël pour Jérusalem, telle qu’élaborée dans ses plans directeurs, implique de maximiser le nombre de Juifs et de réduire le nombre de Palestiniens par une avancée progressive de la colonisation, du déplacement et de la dépossession. (Voir le résumé politique d’Al-Shabaka sur les méthodes utilisées ainsi que cette récente mise à jour.)

Le plan le plus connu des trois plans directeurs israéliens pour la ville est le Plan directeur Jérusalem 2020, qui n’a pas été soumis à l’opinion publique alors même qu’il a été publié pour la première fois en 2004. Les moins connu sont le Plan Marom, plan commandé par le gouvernement pour le développement de Jérusalem, et le Plan « Jérusalem 5800 », connu aussi sous le nom de Jérusalem 2050, qui est le résultat d’une initiative du secteur public et qui se présente comme un « plan directeur transformationnel pour Jérusalem » (voir plus bas).

Comme les plans d’Israël pour 2050, « l’idée » que l’Autorité Palestinienne (AP) se fait de Jérusalem remonte à 2010 lorsque le Plan de Développement Stratégique Multi-secteur pour Jérusalem Est (SMDP) pour 2011-2013 a été publié. Et le plan national de développement actuel pour 2014-2016 se réfère simplement au plan de 2010. En plus, alors que la direction palestinienne parle de Jérusalem Est, qu’Israël a occupée et illégalement annexée en 1967, comme de la capitale de l’État de Palestine et zone de développement prioritaire, 0,44 % seulement du budget 2015 de l’AP sont alloués au ministère des Affaires de Jérusalem et au gouvernorat de Jérusalem.

Dans cet exposé politique, Nur Arafeh, membre politique d’Al-Shabaka, analyse les trois plans directeurs pour Jérusalem et explique comment ils visent à transformer la ville en un centre de tourisme et de technologie de pointe, et la façon dont ils utilisent la planification urbaine pour transformer la démographie de la ville. Elle met l’accent sur les dangereuses nouvelles lois qu’Israël a réactivées ou fait passer pour faire progresser la colonisation de la ville – la Loi sur le Bien des Absents et la « loi sur la troisième génération ». Elle s’intéresse aussi au rôle de l’AP et de la communauté internationale, ainsi que des organisations de la société civile, et elle identifie les mesures applicables que ceux qui s’inquiètent du sort de Jérusalem pourront utiliser. (1)

Avant d’analyser de quelles façons les trois plans se renforcent mutuellement, il faudrait faire remarquer que l’annexion de Jérusalem Est par Israël est illégale selon le droit international et n’est pas reconnue par la communauté internationale. En outre, la déclaration faite par Israël que Jérusalem est sa capitale, à la fois l’Ouest et l’Est, n’a aucun fondement juridique international, et c’est pourquoi il n’y a aucune représentation diplomatique à Jérusalem, même pas des Etats-Unis.

. Le « Plan directeur Jérusalem 2020 » a été préparé par un comité de planification national et publié pour la première fois en août 2004. C’est le premier plan spatial d’ensemble et détaillé pour Jérusalem Est et Ouest depuis qu’Israël a occupé Jérusalem Est en 1967. Bien que le plan n’ait pas encore été validé puisqu’il n’a pas été soumis à l’opinion publique, les autorités israéliennes rendent sa vision effective. Le plan traite de plusieurs zones de développement dont l’urbanisme, l’archéologie, le tourisme, l’économie, l’éducation, les transports, l’environnement, la culture et l’art. Le plan est disponible en ligne, en hébreu aussi bien qu’en arabe, à la Coalition Civique pour la Défense des Droits des Palestiniens à Jérusalem ; cet exposé politique s’appuie sur « le Plan Schématique Local » – Rapport N.4.

(1) L’auteur remercie le bureau palestino-jordanien de la Fondation Heinrich Böll pour son partenariat et sa collaboration avec Al-Shabaka en Palestine. Les idées exprimées dans cet exposé politique sont celles de l’auteur et ne reflètent donc pas nécessairement l’opinion de la fondation Heinrich Böll. L’auteur remercie également la Chambre de Commerce et d’Industrie de Jérusalem, la Coalition Civique pour les Droits de l’Homme, l’association Sinokrot Core, le Gouvernorat de Jérusalem et PASSIA pour le temps et les informations partagés.

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