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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Complaisances européennes à l’égard du régime égyptien (Alain Gresh)

4 Juillet 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Union européenne, #Proche et Moyen-Orient, #Égypte

Si l’Union européenne est en crise, c’est aussi qu’elle est incapable de définir une politique étrangère et qu’elle est prompte à trahir les principes dont elle prétend se réclamer. Son positionnement par rapport à l’Égypte depuis le coup d’État du 3 juillet 2013 témoigne d’un retour à des politiques du passé, celle du soutien aux dictatures au nom d’intérêts mercantiles et de la lutte contre « la menace islamiste ».

Durant des décennies, l’Union européenne (UE) a fermé les yeux sur les manquements des régimes en place dans le sud de la Méditerranée et chanté les louanges des politiques économiques menées par l’Égypte de Hosni Moubarak et la Tunisie de Zine El-Abidine Ben Ali, tout en prétendant que la démocratie n’était pas à l’ordre du jour. Les soulèvements arabes ont provoqué une forme d’autocritique. Dans une conférence célèbre donnée à l’Institut du monde arabe (IMA) le 16 avril 2011, Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères français (postulant aujourd’hui à la présidence de la République) déclarait : « Il faut bien le reconnaître, pour nous tous, ce “printemps” a constitué une surprise. Trop longtemps, nous avons pensé que les régimes autoritaires étaient les seuls remparts contre l’extrémisme dans le monde arabe. Trop longtemps, nous avons brandi le prétexte de la menace islamiste pour justifier une certaine complaisance à l’égard de gouvernements qui bafouaient la liberté et freinaient le développement de leur pays. » Et il ajoutait qu’il fallait « changer notre regard sur le monde arabe. Nous, Français, pensions très bien connaître ces sociétés, avec lesquelles nos liens sont anciens et solides. Mais le “printemps arabe” nous a pris au dépourvu et nous a montré que nous en ignorions des pans entiers. Aujourd’hui, nous avons besoin de la vision des entrepreneurs et des responsables associatifs. Nous avons besoin de la vision des artistes et des étudiants. Nous avons besoin de la vision des blogueurs, de ceux qui disent “non” et des nouveaux acteurs qui émergent. »

Les Rafale et la « gestion démocratique des foules »

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