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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Kalvin Soiresse Njall, la lutte contre le racisme en Belgique

9 Juillet 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #MRAX, #Europe, #Belgique

Avec notamment un point de vue sur les difficultés du MRAX. Extrait

Pourquoi avoir quitté le MRAX pour fonder ce collectif ?

Le MRAX est censé rassembler la diversité de la société belge en terme de lutte contre le racisme. J’étais chargé de piloter le groupe de travail luttant contre les discriminations vis à vis des noirs. Il y a eu des conflits internes liés à l’orientation politique du mouvement. Les associations africaines ont décidé de quitter cette organisation et de créer ce collectif Mémoire coloniale piloté par elles-mêmes pour lutter pour les questions de mémoire et de discrimination. Si on compare à la France, nous ne sommes qu’au début de ce travail.

Cela fait penser aux clivages français entre des associations anti-racistes, comme SOS Racisme et les Indivisibles.

Pour comprendre le contexte belge, il faut remonter à la fin de la Seconde guerre mondiale. Des Juifs communistes ont décidé d’introduire la lutte anti-raciste en Belgique en créant le MRAX. Pendant longtemps ce mouvement a été dirigé par des gens de la classe bourgeoise : plutôt des hommes blancs, la cinquantaine, avocats, professeurs d’université… Les fondateurs n’envisageaient pas le MRAX de cette manière. Ils voulaient amener les victimes de discrimination, les populations issues des migrations ouvrières turques et maghrébines arrivées dans les années 70, les étudiants subsahariens de la fin des années 50. Il y a eu un premier électrochoc en 2001 à la conférence de Durban contre le racisme. Le MRAX a été critiqué en Afrique du Sud parce qu’on leur a dit qu’on ne voyait pas les victimes de discrimination parmi les dirigeants de ce mouvement. Quand ils sont rentrés, ils ont décidé de faire une ouverture vers la minorité maghrébine qui était la plus revendicative à l’époque. Ils ont décidé de recruter des jeunes d’origine étrangère, notamment Maghrébins et Turcs, mais aussi des homosexuels.

En 2004, beaucoup de jeunes d’Afrique du nord sont arrivés dans le mouvement. Radouane Bouhlal, un jeune maghrébin homosexuel, était censé lui donner un nouveau souffle. Sauf qu’il en a fait un fond de commerce en voulant être le champion de l’islamophobie vis à vis de sa communauté, mais aussi de la sphère politique. Quand j’y étais de 2010 à 2012, j’ai constaté une profonde instrumentalisation par un parti politique. À partir de 2008, comme il était très contesté, le MRAX s’est ouvert aux associations noires. On leur a fait beaucoup de promesses qui n’ont pas été tenues. Nous avons été licenciés avec mon ancien collègue, délégué syndical d’origine sénégalaise. Comme nous n’avons pas accepté d’être instrumentalisés, nous sommes entrés en conflit ouvert. C’est ainsi que nous avons quitté le MRAX, qui est actuellement dans une position très délicate financièrement et politiquement. Le mouvement a perdu beaucoup de ses soutiens auprès de l’intelligentsia politique et de sa base de militants anti-racistes.

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