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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

L’autre héritage, plus sombre, de Shimon Peres (Haggai Matar)

3 Octobre 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Israël et le sionisme

Haggai Matar – +972 – 28 septembre 2016

Shimon Peres, dernier membre de la génération fondatrice d’Israël, a été fêté internationalement comme un visionnaire de la paix. Son héritage est, en réalité, beaucoup plus complexe, et souvent abominable.

 

La disparition de Shimon Peres, à l’âge vénérable de 93 ans, a précipité un débordement de nécrologies élaborées et d’éloges funèbres partout dans le monde, avec des médias notant que sa vie politique s’était étendue sur toute l’histoire de l’État d’Israël depuis sa fondation en 1948. Peres était en fait le dernier membre de la génération fondatrice – des hommes et des femmes qui s’installèrent pour des raisons idéologiques dans la Palestine alors sous mandat britannique et qui consacrèrent leur vie à y construire l’État d’Israël. Mais si dans sa vie ultérieure, il fut connu sur la scène internationale comme un homme d’État visionnaire et à la recherche de la paix, son héritage est, en réalité, beaucoup plus complexe, et souvent, vraiment sombre.

En tant que protégé précoce de David Ben Gourion, Peres fut nommé, au très jeune âge de 29 ans, directeur-général du ministère de la Défense d’Israël. Dans cette situation, Peres construisit et développa le commerce des armes d’Israël avec la France. Il contribua également à l’installation du réacteur de Dimona. Du fait de la censure israélienne, les journalistes ne furent pas autorisés à admettre l’existence de ce réacteur nucléaire. Mais des « sources étrangères » (et Colin Powell) affirmèrent que c’est avec le réacteur de Dimona que l’arme nucléaire fut introduite au Moyen-Orient.

Avec Peres au ministère de la Défense, Israël joua un rôle primordial dans la campagne du Sinaï en 1956. Il exploita ses relations avec la France pour positionner Israël comme un État satellite des puissances européennes, et pour se lancer dans une guerre dont les premiers objectifs furent : établir un contrôle israélien sur la péninsule du Sinaï ; retirer le Canal de Suez du contrôle souverain des Égyptiens et en remettre les rênes aux Français et aux Britanniques ; et affaiblir les forces anticoloniales dans la région. Les États-Unis et la Russie, alors les deux nouvelles superpuissances du monde, contraignirent finalement Israël à se retirer totalement du Sinaï, mais le message envoyé par Israël à ses voisins était clair : nous sommes avec les autres types – avec les Européens.

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