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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Violences policières, résistances minoritaires. Dossier de la revue "Vacarme"

26 Octobre 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Police Justice

Le printemps et l’été 2016 ont été marqués par les violences policières : la répression du mouvement contre la loi travail au printemps, la mort d’Adama Traoré le 19 juillet, les expulsions de camp de migrant.es dans le nord-est de Paris pendant l’été et le début de l’automne. L’objet de ce chantier est de s’interroger sur le déploiement et les évolutions de ces violences sur certaines minorités de la population et la réalité de leur extension. Comprendre ces phénomènes suppose d’abord de clarifier quelques aspects terminologiques. Contrairement à certains usages, nous refusons de parler de violence pour décrire les dégradations matérielles commises par des manifestant.es. Par violence, nous entendons décrire l’usage à la fois légitime et illégitime, eu égard aux normes légales encadrant les pratiques policières, de la force qui porte atteinte tant aux libertés individuelles et politiques qu’à l’intégrité des personnes. Dans le contexte dont nous parlons, la violence est donc toujours celle des forces dites « de l’ordre ». Le recours à la force de la part de manifestant.es contre la loi travail, de militant.es contre les violences policières ou de migrant.es nous semble mieux cerné par la notion de résistance. Par résistance, nous entendons l’effort pour lutter contre une limitation des droits qui exprime des rapports de domination et d’oppression. Les subalternes ne font pas que parler, ils se défendent aussi avec une multiplicité de répertoires d’actions mobilisant parfois un certain usage de la force. Nous parlerons de répression, policière ou judiciaire, lorsque la violence coercitive s’exerce en réaction à ces formes de résistance. L’enjeu de ce chantier est de mener une réflexion sur l’étendue et les évolutions de la violence policière à partir de la rencontre entre des expériences subalternes multiples de la coercition et des discours théoriques sur le rôle de cette violence dans la stabilisation de l’ordre social existant.

La question de la violence policière n’a jamais été absente des débats au sein de la gauche. Cependant, la manière dont elle est traitée et la place qu’on lui accorde varient en fonction de la façon dont les différents courants de la gauche envisagent la pratique politique et les forces du changement social. La gauche institutionnelle, de la sociale-démocratie au trotskysme, tend généralement à appréhender cette question comme un axe de mobilisation et de discussion secondaire et occasionnel, et lui privilégie les conflits liés au travail. Prenant cette tendance à rebours, deux secteurs de la gauche lui ont traditionnellement accordé une plus grande importance.

Politiser la question de la violence policière, identifier et articuler les différents types de résistances qu’elle engendre, nécessite d’étudier ses modalités d’exercice concrètes.

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