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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Essayer de réduire au silence les critiques contre Israël ne fait qu’animer le débat sur le sionisme (Ben White)

3 Novembre 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Israël et le sionisme

Du Comité spécial du Parlement britannique pour les affaires intérieures jusqu’à Howard Jacobson, les efforts visant à rendre certains sujets tabous ne feront que s’intensifier.

À l’heure actuelle, il est clair que la soi-disant « crise » de l’antisémitisme dont est accusé le Parti travailliste britannique est instrumentalisée pour délégitimer l’antisionisme par des groupes et des individus qui mettent les deux dans le même sac. C’est cette confusion que je veux aborder, et plus précisément, comment elle n’est rendue possible que par la déshumanisation et la disparition des Palestiniens.

Prenez le Comité spécial du Parlement britannique pour les affaires intérieures et le rapport récemment publié au sujet de l’antisémitisme, document manifestement inadapté. Les députés ont reconnu que les trois quarts des incidents antisémites sont provoqués par l’extrême-droite, mais le comité s’est concentré obsessionnellement sur le Parti travailliste et son dirigeant, Jeremy Corbyn. La présidente du Syndicat national des étudiants, Malia Bouattia, a été salie sans droit de réponse ; et les juifs orthodoxes n’ont même pas été consultés.

D’autres ont procédé à une dissection admirablement médico-légale des défauts du rapport. Je veux me concentrer sur ce que ce document a à dire à propos du sionisme, mentionné environ vingt cinq fois, dont la plupart dans une seule partie du texte intitulée « Opposition au sionisme ».

Or, tout en affirmant que le « concept » du sionisme « reste un sujet valable du débat universitaire et politique », le comité prétend un peu plus loin que l’emploi du mot « sioniste » dans un contexte « accusatoire » doit « être considéré comme un acte séditieux et potentiellement antisémite ».

En outre, tout en n’excluant pas précisément le sionisme comme « sujet de ... débat », le comité ne cite que des personnalités – dont le Rabbin en chef et le chef du Conseil des Dirigeants juifs du Royaume-Uni – qui estiment que sionisme et judaïsme sont inséparables et que, par conséquent, attaquer le sionisme revient, par définition, à se rendre coupable de propos antisémites.

Mais c’est bien là que le bât blesse. Le rapport n’indique nulle part que le comité aurait consulté un seul Palestinien. Pour sûr, aucun n’est cité ou mentionné. J’entends déjà quelqu’un demander : mais pourquoi dont aurait-on dû les consulter ? Ce rapport traitait de l’antisémitisme, pas du « conflit israélo-palestinien ».

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