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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

L’étiquetage des produits des colonies : une discrimination anti-israélienne ? ( Guillaume Weill Raynal)

4 Décembre 2016 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Colonisation occupation

Pour le CRIF, la réglementation française et européenne qui impose un étiquetage spécifique aux produits issus des colonies constitue une forme de discrimination anti-israélienne. Un argument mal fondé, qui masque une fois de plus la volonté d’assimiler toute critique de la politique israélienne à de l’antisémitisme.

Réagissant à la décision du gouvernement français d’appliquer la réglementation européenne imposant un étiquetage spécifique aux produits issus des colonies du Golan, de Jérusalem-Est et de Cisjordanie, et relayant une déclaration officielle de Benyamin Netanyahu, le CRIF a publié, le 29 novembre, un communiqué protestant contre ce qu'il considère comme une « discrimination d’Israël ». [1]

Il semble en premier lieu avoir échappé au CRIF que cette mesure ne constitue en rien une discrimination, ni même une sanction ,  mais seulement la fin d’un régime dérogatoire qui exonérait jusqu'à présent Israël de l’obligation commune imposée à tous les pays importateurs de mentionner l’origine de leurs produits, qui lui permettait d’estampiller made in Israël  des produits fabriqués dans des territoires que l’Etat hébreu occupe au mépris du droit international.

Par ailleurs, l’un des arguments avancés par le CRIF à l’appui de son affirmation mérite qu'on s’y arrête, car il induit une rhétorique plus profonde et plus complexe que la simple protestation de principe : l’étiquetage obligatoire serait discriminatoire car « appliqué au seul Etat d’Israël alors que de nombreux autres pays sont concernés par des conflits territoriaux similaires. »

Un refrain mille fois asséné : la focalisation disproportionnée des médias, de l’opinion publique et de la communauté internationale sur le seul conflit israélo-palestinien trahirait de leur part une « indignation sélective », où seul Israël, tel le baudet de la fable, serait chargé de tous les maux quand  les pires régimes autoritaires de la planète seraient absous de tous leurs crimes. « Pourquoi réclamez-vous des sanctions contre Israël pour son occupation des territoires palestiniens, et jamais contre la Chine qui occupe le Tibet, le Maroc qui occupe le Sahara occidental, la Turquie qui occupe Chypre ? », entend-on souvent. La réponse est bien évidemment contenue dans la question : Israël, « juif des nations », serait victime d’une hostilité de principe trouvant sa seule explication possible dans un préjugé antisémite aussi intemporel qu’inexpugnable…  

Cette analyse, si on l’examine en détail, ne tient pas la route.

S’agissant des médias, qu’il me soit juste permis de relever qu'elle est fausse. Les médias parlent du conflit israélo-palestinien quand l’actualité le justifie. Mais ils en ont peu parlé ces derniers temps. Ils ont beaucoup plus parlé de la Syrie, de l’Irak, de la Tunisie, de l’Ukraine, du Venezuela, du Mali, de la Centrafrique et du Burundi. Il ne suffit pas d’affirmer une contre-vérité pour en faire une réalité.   

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