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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Birmanie: l’honneur perdu d’Aung San Su Kyi (René Backmann)

11 Janvier 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Asie et Océanie

Hier icône révérée de la démocratie et des droits de l’homme, le prix Nobel de la paix 1991 partage désormais le pouvoir avec ses anciens geôliers militaires. Elle est inactive et silencieuse, au nom de la raison d’Etat et de la solidarité avec la majorité bouddhiste, face aux violences qu’inflige l’armée à la minorité musulmane des Rohingya.

L’exercice du pouvoir peut être un révélateur cruel pour les anciens opposants devenus dirigeants, même – et peut-être surtout – s’ils ont été l’objet d’un véritable culte. Aung San Suu Kyi, lauréate en 1991 du prix Nobel de la paix pour « son engagement en faveur de la démocratie et des droits de l’homme » en Birmanie, est accusée, un quart de siècle plus tard, par onze autres « Nobels de la paix » et une douzaine de personnalités internationales de passivité, sinon de complicité par le silence et l’inaction dans « la tragédie humaine, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité » dont est victime l’ethnie musulmane rohingya, dans le nord-ouest du pays.

Dans une lettre au président du conseil de sécurité des Nations unies, datée du 29 décembre 2016, où elles demandent à l’ONU d’inscrire d’urgence cette crise à l’ordre du jour de ses travaux, ces personnalités reprochent à Aung San Suu Kyi, qui exerce aujourd’hui de facto les fonctions de premier ministre, de n’avoir pris, malgré leurs « appels répétés », « aucune initiative pour défendre les droits des Rohingya en leur assurant la citoyenneté. » « Mme Aung San Suu Kyi, soulignent-ils, est la dirigeante, elle a la responsabilité primordiale de diriger et de le faire avec courage, humanité et compassion ».

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