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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

A propos du procès de Georges Bensoussan (Gilles Manceron)

12 Février 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Islamophobie

L’historien Georges Bensoussan a comparu, à l’initiative du Parquet, le 25 janvier, devant la 17e chambre correctionnelle du Palais de justice de Paris, pour incitation au racisme, pour des propos tenus lors de l’émission Répliques, sur France Culture le 10 octobre 2015. Les réactions suscitées par ce procès nécessitent de rétablir les faits.  Le fait que cet historien soit l’un des responsables du très utile Mémorial de la Shoah peut troubler. La publication de comptes rendus partiels ou inexacts par plusieurs journaux et sites internet, impose de restituer les faits.

L’historien Georges Bensoussan a comparu, à l’initiative du Parquet, le 25 janvier, devant la 17e chambre correctionnelle du Palais de justice de Paris, pour incitation au racisme, pour des propos tenus lors de l’émission Répliques, sur France Culture le 10 octobre 2015. Le fait que cet historien soit l’un des responsables du très utile Mémorial de la Shoah peut troubler. La publication de comptes rendus partiels ou inexacts par plusieurs journaux et sites internet, impose de restituer les faits. 

Les propos qu’il avait tenus sur « l’antisémitisme atavique » des familles arabes qui formeraient un « autre peuple » dans la nation française avaient suscité lors de l’émission en question la réaction indignée de son interlocuteur, le sociologue et historien Patrick Weil. A l’écoute de cette émission, nous nous avions été quelques-uns, enseignants, chercheurs, journalistes, à être, nous aussi, atterrés par ces propos, et, dans un texte sur Mediapart, le 13 octobre 2015, intitulé « Une “répliques” de trop », nous avons sollicité le Conseil supérieur de l’audiovisuel en lui demandant d’y réagir.

Georges Bensoussan avait dit : « Aujourd’hui nous sommes en présence d’un autre peuple au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés. […]. Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu, comme un secret. » Il avait dit que, dans ces familles, « l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère ». Patrick Weil avait opportunément répondu : « C’est une honte que vous puissiez dire une chose pareille, parce que vous condamnez quatre millions de nos compatriotes ». Bensoussan avait répliqué en l’accusant de se livrer à un « véritable terrorisme intellectuel ». Telle est l’accusation que, lors du procès, il a reprise à l’envi contre les associations qui se sont portées parties civiles le 25 janvier à la suite des poursuites engagées par le Parquet. Et même à l’encontre du Parquet lui-même pour avoir décidé de poursuivre le caractère raciste de ses propos, Parquet qu’il a accusé de « terrorisme intellectuel conduisant au terrorisme islamiste ».

Ce n’est ni dans Le Figaro, ni dans Marianne, ni dans Le Point, qu’on peut apprendre précisément quelles étaient les associations antiracistes qui se sont constituées parties civiles le 25 janvier une fois les poursuites décidées par le Parquet. Outre le Comité contre l’islamophobie en France (CCIF) qui avait saisi le Parquet, il s’agit rien moins que de la Ligue des droits de l’Homme, de la Licra, du Mrap et de SOS Racisme. Divers compte rendus accusent le CCIF ou les auteurs du texte « Une “répliques” de trop » paru sur Mediapart, au lendemain de l’émission d’avoir « dénoncé » Georges Bensoussan. Ses propos ayant été tenus publiquement sur une chaine du service public de radiodiffusion, interpeller le CSA, comme nous l’avons fait, ou saisir le Parquet pour qu’il juge s’il y avait matière à poursuivre, comme l’a fait le CCIF, ne sont pourtant en rien d’obscures délations.

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