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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Stephen Bannon, le Raspoutine de Trump, est l’autre visage de la tragédie américaine (Philippe Coste)

5 Février 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Extrême-droite, #Amériques, #États-Unis

Insurgé visionnaire de l’extrême droite, contempteur de l’« establishment » de Washington et génie de l’entrisme passé par Goldman Sachs, Hollywood et les médias, Stephen Bannon est aujourd’hui le principal conseiller de Donald Trump. Le nouveau chaos américain, c’est lui.

Le début de la déroute ou une simple pause dans la marche de Trump vers le pouvoir inique et absolu ? En statuant pour la suspension, au niveau national, du décret présidentiel du 27 janvier interdisant l’entrée des États-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans décrits comme des dangers potentiels pour la sécurité nationale, un juge fédéral de l’État de Washington, James Robart, nommé par le président républicain George W. Bush, a rendu son éclat à la Constitution américaine, bafouée par une mesure de discrimination religieuse patente.

Alors que le département de la justice et Donald Trump, en week-end dans son palais de Mar-a-Lago en Floride, tentent de faire annuler cet affront à la présidence, plus de la moitié des Américains, déboussolés depuis l’investiture, trouvent enfin dans ce répit le temps de redécouvrir le poids véritable de leurs institutions.

Dans le chaos, une photo peut offrir un point de repère, d’autant plus terrifiante qu’elle résume à elle seule le jeu des acteurs de la comédie au pouvoir. Elle a été prise le samedi 28 janvier, entre 17 h et 17 h 30, dans le Bureau ovale, au moment même où des milliers de manifestants commençaient à assiéger les aéroports ou à se rassembler devant la Maison Blanche pour protester contre le décret anti-immigration et anti-musulmans du nouvel exécutif, et quelques minutes avant que Donald Trump, patron de la première puissance occidentale, ne raccroche le téléphone au nez du premier ministre australien.

Le président, arc-bouté comme un lutteur sur l’ancien bureau ouvragé de Kennedy et d’Obama, paraît déjà vociférer dans le combiné, en présence des deux seuls adjoints admis dans le secret de la conversation. À gauche, Michael Flynn, conseiller pour la sécurité nationale et chef d’une administration ad hoc de plusieurs centaines d’experts, semble prendre studieusement des notes. À droite, un autre personnage aux allures d’ours un peu dépenaillé, sans cravate, veste sombre et pantalon beige, négligemment tourné vers le côté, fait mine d’inspecter le tapis en écoutant d’un air dégagé le déroulé d’un incident diplomatique sciemment orchestré.

Ce jour-là, Stephen Bannon, dit « Steve », ancien patron de choc du brûlot d'extrême droite Breitbart News et cerveau nationaliste de la victoire du 8 novembre, n’est plus seulement le premier conseiller stratégique de Trump à la Maison Blanche, mais un membre à part entière du cénacle le plus exclusif de l’administration, le fameux « comité des principaux » du Conseil de sécurité nationale.

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