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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Les Juifs du monde arabe de Georges Bensoussan : Une histoire construite sur des clichés (Julien Lacassagne)

16 Mars 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Antisémitisme et négationnisme, #Monde arabe

Georges Bensoussan, responsable éditorial du Mémorial de la Shoah et rédacteur en chef de la Revue d’Histoire de la Shoah vient de publier Les Juifs du monde arabe. La question interdite [1]. A sa lecture, on s’aperçoit vite que le titre ne correspond nullement au sujet. Bancale superposition de « name dropping » et de sources coloniales univoques, le livre de Georges Bensoussan ne cesse de tirer des généralités à partir d’exceptions (ou inversement) dans le but de tresser des liens entre nationalisme arabe et IIIème Reich et de faire de l’antisémitisme un atavisme culturel musulman.

Une démarche de propagandiste

L’histoire n’est pas une science, elle ne dispose d’aucun laboratoire et ne saurait résoudre aucune équation. Elle construit un récit qui contient ses propres contraintes. Lorsque William Shakespeare écrit Richard III, il se plie aux règles du pentamètre iambique et lorsqu’Edmond Rostand écrit Cyrano, il se plie à celles de l’alexandrin. La contrainte de l’historien, c’est la totalité de la vie perceptible par des faits ou par des traces de faits. Pour les analyser, il doit disposer d’une liberté totale - autrement dit la plus forte des contraintes – et d’un point de vue, l’histoire n’étant jamais neutre. L’historien empile les indices, comme le détective ou l’enquêteur de police. Ce n’est pas un hasard si des historiens, tels que Fred Vargas, se sont engagés dans la voie du roman policier ou si des auteurs de polars se sont attaqués à des sujets historiques, au point d’avoir devancé les historiens agréés. On se souviendra que le premier livre ayant traité du massacre d’Algériens en plein Paris le 17 octobre 1961 fut le roman Meurtre pour mémoire [2] de Didier Daenninckx, publié en 1983. Le deuxième, La bataille de Paris - 17 octobre 1961 [3], publié au seuil en 1991, fut écrit par un historien autodidacte et brillant, Jean-Luc Einaudi : « Quelquefois les brigands surpassent en audace les chevaliers » [4]. Georges Bensoussan, lui, est un historien patenté, détaché de l’Education nationale auprès du Mémorial de la Shoah. Mais, au-delà de ses travaux, ce sont ses propos qui l’ont fait entrer dans l’actualité le 10 octobre 2015 au cours de l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut sur France-Culture. Il s’était alors fait remarquer par ses propos propagandistes et discriminatoires à l’encontre des musulmans dans un face à face avec l’historien Patrick Weil : « Aujourd’hui (…) nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française, qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés », ou encore « dans les familles arabes, en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère », citation qu’il avait frauduleusement attribuée au sociologue Smaïn Laacher [5].

Rendre les Arabes responsables, disculper les colonisateurs

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