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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Le blues des diplomates européens en Palestine (Sylvain Cypel)

3 Mai 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Colonisation occupation

Supposée favoriser un développement économique de la Palestine, la zone franche de Jéricho dans la vallée du Jourdain est soutenue financièrement par l’Union européenne. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, tant Israël multiplie les obstacles, détruisant ou empêchant toute initiative allant dans le sens d’une amélioration de la situation des Palestiniens.

La zone franche de Jéricho (Jericho Agro Industrial Park, JAIP), dans la vallée du Jourdain, a des ambitions : « favoriser par des incitations fiscales et des infrastructures modernes les investissements locaux et internationaux en Palestine et les exportations palestiniennes », qui restent extrêmement faibles, explique un responsable local, Naiem Attoun. Ces « zones franches » balbutiantes, la Palestinian Industrial Estates and Free Zones Authority en détient deux autres en Cisjordanie, à Bethléem et Jénine (une quatrième, à Gaza, est inactive). Et trois sont en projet en Cisjordanie, près de Naplouse, Hébron et Rawabi, une « ville nouvelle » en construction lancée par un millionnaire américano-palestinien en zone A (voir encadré). Initialement impulsée avec des financements nippons, la zone franche de Jéricho bénéficie désormais aussi d’un soutien européen. Pour le moment, l’activité y semble encore réduite : 4 PME y sont enregistrées. Les autorités en attendent 6 autres d’ici la fin de l’année, pour 500 emplois créés. À terme, l’objectif est de générer 3 400 emplois et 17 000 emplois induits.

Nous sommes là, à Jéricho, neuf journalistes issus de huit pays de l’Union européenne (UE), invités par la délégation de l’Union européenne en Palestine afin d’y constater divers aspects des soutiens apportés à l’Autorité palestinienne (AP). Mais à huit mois de la première échéance, on peine à croire que ces ambitions seront assouvies dans les délais. D’autant que, très vite, les responsables palestiniens comme nos accompagnateurs européens émettent des réserves sur la sincérité israélienne s’agissant de laisser cette zone se développer. « L’énorme problème, se plaint Khaled Amleh, un des managers palestiniens, c’est : qui contrôle la frontière ? » La seule porte de sortie est le pont Allenby, sur le Jourdain, qui permet l’exportation des produits par la Jordanie. Il n’est ouvert que huit heures par jour, deux heures seulement le vendredi et fermé le samedi. « L’aéroport de Lod, lui, fonctionne 24 heures sur 24 pour l’export israélien, dit le Palestinien. Quand on se plaint, les militaires nous disent vouloir nous aider. En réalité ils nous baladent ». Les responsables de la zone franche négocient avec l’administration civile israélienne1 depuis deux ans une plus grande ouverture du pont. Rien ne bouge. « On dépend totalement de la volonté d’Israël. Nos produits pourrissent dans leur port d’Ashdod parce que les Israéliens ne délivrent pas les autorisations d’exportations ».

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