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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

“Peu de personnes savent ce qui s’est passé”

20 Juin 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Colonisation, #Algérie (1830-1962)

Le réalisateur et écrivain vient de publier un livre intitulé Les balles assassines du 14 Juillet 1953. Il est le fruit d‘une enquête minutieuse sur la répression policière violente qui a ciblé des militants du MTLD à Paris lors d’un défilé organisé pour fêter la prise de la Bastille. Cet autre crime d’État de la France coloniale n’a jamais été reconnu. Il est sorti des mémoires des deux côtés de la Méditerranée.

Liberté : Peu de personnes ont entendu parler du massacre du 14 Juillet 1953, comment avez-vous découvert cette page oubliée de l’histoire et pourquoi vous y êtes-vous intéressé ?
Daniel Kupferstein  :
C’était un peu le fruit du hasard. J’ai fait en 2001 un film sur les massacres du 17 Octobre 1961. Dans ce film qui s’appelait Dissimulation d’un massacre, j’avais tiré prétexte du procès pour diffamation que l’ancien préfet de Paris Maurice Papon avait intenté à l’historien Jean-Luc Einaudi pour montrer comment un massacre avait été dissimulé pendant quarante ans. J’ai aussi réalisé un second film sur un autre massacre qu’on confond souvent avec celui du 17 Octobre 1961 et qui s’est produit à la station de Métro Charonne à Paris, le 8 Février 1962. À travers ces films, j’ai voulu montrer que les auteurs et les méthodes de répression étaient les mêmes. C’était d’ailleurs le cas pour le massacre du 14 Juillet 1953 dont j’ai entendu parler au cours de la projection d’un de mes films. Un des témoins directs m’a révélé l’existence de cette tuerie et m’a raconté ce qui s’est passé. Il a révélé avoir pris part à un défilé organisé place de la Nation et au cours duquel la police a tiré sur les manifestants. Les faits m’ont été confirmés ensuite par une historienne, Danielle Tartakowsky, qui m’a conseillé d’en faire un film. Sur le coup, j’ai plaisanté en disant que je n’allais pas devenir un spécialiste des massacres parisiens.

Qu’est-ce qui vous a poussé finalement à faire le film puis le livre ?

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