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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique (Dominique Vidal)

17 Juillet 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Antisémitisme et négationnisme, #Israël et le sionisme

« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Cette phrase finale est venue gâcher le discours salutaire d’Emmanuel Macron lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, devant Benyamin Netanyahou. Une erreur historique, une faute politique.

La présence inédite et scandaleuse du Premier ministre le plus belliciste de l’histoire d’Israël à cette cérémonie n’est sans doute pas pour rien dans la faute politique commise par le nouveau président. Car celle-ci résulte d’un alignement sur son hôte, incroyablement qualifié de « cher Bibi » – celui-ci l’a-t-il appelé « Manu » ? – et par la même occasion sur le Conseil représentatif de institutions juives de France (CRIF).

L’histoire du conflit central du Proche-Orient – faut-il le rappeler à Emmanuel Macron ? – ne commence pas le 14 mai 1948, lorsque naît l’État d’Israël. C’est en 1897 que l’Organisation sioniste voit le jour, avec pour but la création d’un Foyer national juif en Palestine. Entériné par la déclaration Balfour en 1917, puis par le mandat que la Société des Nations confie au Royaume-Uni en 1922, cet objectif ne rallie pas la majorité des Juifs, loin de là : l’immense majorité y est hostile, communistes et bundistes, mais aussi religieux. Antisionistes, tous ces Juifs étaient-ils antisémites ?

Bien sûr que non ! A vrai dire, le sionisme est une idéologie parmi d’autres. Imagine-t-on les communistes interdire la critique du communisme ? Les gaullistes interdire la critique du gaullisme ? C’est pourtant la prétention des tenants les plus extrémistes du sionisme. Présenter l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme reviendrait à leur donner raison.

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"Être antisioniste c'est s'opposer à un mouvement politique : ce n'est donc pas du racisme", Dominique Vidal, historien

Dominique Vidal est journaliste et historien. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages traitant de la question israélo-palestinienne. Il revient pour Le Courrier de l'Atlas sur certains des propos tenus ce dimanche par Emmanuel Macron lors de la commémoration du Vel'd'hiv et qui ont indigné les mouvements de solidarité de la Palestine. 

LCDL : Qu'avez-vous pensé du discours d'Emmanuel Macron tenu ce dimanche (16 juillet) lors de la commémoration de la rafle du Vel' d'Hiv?  

Dominique Vidal : A part la toute fin, je dirais qu'il s'agissait d'un excellent discours. Dans la continuité de celui du président Chirac en 1995. Emmanuel Macron a expliqué clairement, de manière très pédagogique, en quoi la responsabilité de l'État français était totale pendant la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 où des milliers de juifs ont été déportés. Il a rappelé fort justement que "pas un Allemand" n'avait participé à la rafle. Les policiers étaient tous Français. Je dois dire qu'Emmanuel Macron a un vrai talent pour les discours : chez lui, ils ne sont jamais traditionnels.

Par contre, j'ai un vrai souci avec la fin de son discours. En disant que "l’antisionisme est la forme réinventée de l’antisémitisme", Emmanuel Macron crée une confusion absurde et dangereuse entre antisionisme et antisémitisme. On ne peut pas mettre sur un même pied d'égalité les deux. Être antisémite, c'est haïr tous les Juifs. Être antisioniste c'est s'opposer à un mouvement politique : ce n'est donc pas du racisme.

Les définitions du mot sionisme sont nombreuses. Pour vous, qu'est-ce que le sionisme ? 

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