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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Police de proximité : et si il était trop tard ? (Madjid Si Hocine)

27 Août 2017 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Police Justice, #Quartiers populaires

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le ministre de l'Intérieur a annoncé un retour de la police de proximité. Pour Madjid Si Hocine, militant associatif en Seine Saint Denis, au vu de l'évolution de certains quartiers depuis quinze ans, cette promesse va être difficile à tenir.


Madjid Si Hocine est militant associatif et médecin en Seine Saint Denis.


Le ministre de l'Intérieur annonce un retour de la police de proximité, ou plutôt de la police de sécurité du quotidien. Cette annonce laisse circonspects les professionnels et enthousiasme la population selon les sondeurs.

Domine une impression d'un «annoncé» trop tôt. On se demande comment seront déployés des moyens supplémentaires dans un contexte de menace terroriste et de restrictions budgétaires. Il faudrait pour les mêmes policiers passer des interventions musclées de la BAC aux interventions plus girondes de cette nouvelle entité, sans que bien sûr on ne prenne la peine de mettre en place une procédure de lutte contre le contrôle au faciès attendue depuis si longtemps.

C'est un peu comme si on était resté sur les souvenirs d'une sorte «d'époque heureuse» un peu mythique, rayée par Nicolas Sarkozy en 2003. Celle d'une police de proximité mise en place par Jean Pierre Chevènement qui lui qui se voulait éradicateur de sauvageons. Un temps où le policier organisait des manifestations sportives, connaissait toutes les familles et était respecté. C'était il y a plus de 14 ans. C'est peu mais que de changement dans les quartiers depuis!

En Seine Saint Denis, si on excepte les transformations architecturales notables réalisées grâce à la rénovation urbaine initiée par Jean Louis Borloo, on a assisté à 15 années de mises en jachère qui ont donné un formidable coup d'accélérateur à un lent processus de déséchaffaudage que seuls ceux qui connaissent et pratiquent les quartiers peuvent mesurer. Coupe dans les budgets des associations, désertification médicale, écoles submergées par l'inadéquation des réponses aux besoins de la jeunesse...

Un mouvement de ghettoïsation qui a progressé avec une poursuite du départ des «petits blancs» que ne compense pas la gentrification de certains quartiers proches de la capitale encouragée par les prix du mètre carré. Dans le film «Cheb» de 1991, le personnage principal disait que dans son quartier «les Français on ne les voit qu'à la TV”. Qu'en est-il aujourd'hui? Personne n'a jamais voulu reconnaître qu'il existait une organisation d'un communautarisme du HLM, mais on a tout de même l'impression que la coïncidence du «regroupement «dans les logements sociaux ne peut être fortuite! Cette ghettoïsation se double de la présence de plus en plus importante, non pas d'un retour vers l'Islam qui aurait pu être structurante, mais du remplacement, comme presque partout dans le monde musulman, de l'Islam maghrébin traditionnel par un Islam venu du Golfe qui change les esprits et les références. Il y a 20 ans grandissait ensemble une jeunesse d'origine, maghrébine, franco française, portugaise, le juif pouvait jouer sur le terrain de football de Bobigny avec le musulman? Qui sait si aujourd'hui il y a encore un enfant juif dans les écoles publiques du 93?

On voit aussi la transformation d'une partie de la jeunesse coupée des repères passés qui savaient imposer qu'il y avait des choses qui ne se font pas. Combien sont les quadras d'origine maghrébine dont l'enfance n'a pas forcément été celle du petit Lord Fontelroy, scandalisés par ce que l'on appelle avec une pudeur malvenue des incivilités, à lâcher des: «il n'y a plus de respect». Le rapport à l'adulte, y compris celui de son propre quartier et même de sa propre communauté a changé. Celui-ci n'est plus tabou. Et c'est sans doute une transformation majeure du rapport à l'autorité, observée aussi chez les jeunes des quartiers plus favorisés mais qui n'a pas les mêmes conséquences dans un univers qui n'en avait pas besoin. Le garde-fou du «grand frère», du «ammi» (oncle en arabe) disparaît et avec lui une certaine forme de retenue. Plusieurs causes, une distanciation par rapport à la culture d'origine des parents qui marque une forme d'intégration, une perte de l'image symbolique du père dans des familles décomposées, où le chômage «chronique» a été ravageur. Ravageur car il renvoie à un exemple auquel on ne veut pas ressembler quand la nouvelle unité de mesure de la réussite est le prix du transfert d'un footballeur.

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tonton H 27/08/2017 20:11

putain mais c'est quoi ce site de merde, vous avez pas honte bordel?