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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

12/01/2012 : Mort d'Abdelhakim AJIMI : l'heure du procès

12 Janvier 2012 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Police Justice

Mort d'Abdelhakim AJIMI : l'heure du procès

ajimi

Il y a 4 ans déjà, le 9 mai 2008 à Grasse, en plein jour, en plein centre-ville, Abdelhakim AJIMI est mort, suite à son interpellation par la police. Apostrophé dans la rue, Hakim AJIMI n'est ni armé, ni dangereux, ni même menaçant. Sous les yeux de nombreux témoins, il est immobilisé par 2 agents de la Brigade Anti Criminalité (BAC), rejoints par des officiers de la police municipale et nationale. Pieds et mains menottés, ventre contre terre, Hakim AJIMI subit durant 15 à 20 minutes une clé d'étranglement (dont l'usage est condamné par la Cours Européenne des Droits de l'Homme) associée à une importante compression thoracique et à de violents coups de poings et de pieds. Voyant l'état critique du jeune homme, des passants tentent d'intervenir. En vain. Hakim AJIMI est mort. Il avait 22 ans.

Au terme de leurs premiers interrogatoires par le juge d'instruction, les agents de la BAC sont tous 2 placés sous le statut de témoin assisté. S'en suit une décision de non-lieu rendue par les juges grassois. Ces 2 agents sont maintenus à leur poste.

La famille AJIMI, qui croise tous les jours ceux qui ont conduit à la mort un de leur fils, doit déménager dans une autre ville pour éviter cette souffrance. En septembre 2010, elle obtient la mise en examen de ces 2 agents par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, pour homicide involontaire et non assistance à personne en péril. Après 4 années de combat juridique et associatif pour que justice soit rendue à Hakim et à la famille AJIMI, les 2 agents de la BAC, ayant épuisé tous leurs recours, doivent comparaître

du 16 au 20 janvier 2012 au Tribunal correctionnel de Grasse.

Durant ces 4 années, la famille et ses proches, ainsi que le Comité Vérité et Justice pour Hakim AJIMI et les nombreux organismes apportant leur soutien n'ont jamais cessé leur mobilisation pour obtenir justice. Manifestations et marches non violentes ont été organisées, réunissant plusieurs milliers de personnes, ainsi qu'un forum public contre les violences policières, rassemblant familles de victimes et associations de défense.

Amnesty international est intervenu pour condamner les violences policières, notamment à l'encontre d'Hakim AJIMI.

La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS) a émis un rapport accablant, dénonçant l'utilisation d'une telle violence par les 2 agents de la BAC et le maintien de la clé d'étranglement alors qu'Hakim AJIMI était menotté aux mains et aux pieds, donc maîtrisé. La CNDS dénonce également la non assistance à personne en péril par les agents venus en renfort et un des agents de la BAC, vu l'état préoccupant d'Hakim AJIMI. La CNDS considère enfin que ces actes s'assimilent à de la « barbarie » et que les agents ont fait preuve d'« inhumanité ».

Les membres de la famille AJIMI souhaitent qu'à l'issue de ce procès les coupables soient punis. Que le statut de victime soit reconnu à leur fils et frère. Qu'à l'avenir, aucune autre personne ne subisse le même sort que celui ayant causé la mort d'Abdelhakim. A ce titre, la famille AJIMI se bat pour l'interdiction de l'usage de la clé d'étranglement lors d'interpellations policières, cette méthode ayant déjà causé de trop nombreux décès.

Les deux avocats de la famille sont Me Franck De Vita et Me Henry Leclerc, ancien Président de la Ligue des Droits de l'Homme.

Les membres de la famille Ajimi adressent leurs chaleureux remerciements et toute leur reconnaissance à l'ensemble des personnes et des organismes qui partagent leur douleur, combattent à leurs côtés, et contribuent à exiger que justice leur soit rendue.

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