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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

CHARLIE HEBDO. Chronique d'un massacre annoncé (Saoudi Abdelaziz)

10 Janvier 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Questions internationales

L'émotion qui suit le massacre de Charlie Hebdo empêchera-t-elle les Français de s'enquérir sur les conséquences de l'encouragement occidental au djihadisme dans les pays arabes et sur la certitude irresponsable de pouvoir contrôler des individus ayant quitté le chemin de la rationalité.

Après la tuerie provoquée par Mohamed Merah, le député Christophe Cavar, président de la commission parlementaire chargée d'enquêter sur le travail des services anti-terroristes notait de manière prémonitoire en mai 2013: " On ne peut que s’étonner du fait qu’il n’y ait pas plus d’affaires Merah"

Le député contredisait les explications du Premier ministre François Fillon qui déclarait en mars 2013 à propos de la liberté de mouvement accordée au tueur de Toulouse, pourtant jihadiste fiché par la Cia et le Sdec : "Il n'y avait aucun élément permettant d'appréhender Mohamed Merah"; "aucun indice ne permettait de penser que Mohamed Merah était un homme dangereux et passerait un jour à l'acte."

Deux mois après ces propos laxistes, Le rapport de la  Commission d’enquête parlementaire présidé par le député écologiste Christophe Cavar mettait en garde : « La menace principale portant sur le sol français semble donc bien émaner d’individus qui retournent en France après s’être formés dans les zones de djihad, de plus en plus nombreuses et accessibles ».

De France, pour aller au "combat sacré" au proche Orient, Mehdi Nemmouche, le suspect de l'attentat de Bruxelle de mai 2014, était tranquillement passé par Londres, Beyrouth et Istanbul.

"Un pays facile d'accès" titrait Le Figaro en mars 2013 à propos de la Syrie, en rendant compte des inquiétudes du juge anti-terroriste Marc Trévidic. Pour un Français, nul besoin de visa pour atterrir en Turquie, la route est ensuite facile pour rejoindre un camp près de la frontière syrienne. «Et personne ne les empêche de franchir la frontière», ajoutait Marc Trévidic, qui concluait à l'existence d'un «djihad autorisé». Et légitimé par Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française face à Bachar el-Assad, accusé par Fabius d'être le «massacreur en chef».

Sous le titre "Les services européens antiterroristes sont débordés par les retours de Syrie" Mediapart consacrait le 6 juin 2014, une enquête à l'effet de retour de cette politique fabusienne de soutien actif au djihadisme. Louise Fessard écrit "La menace d’attentat consécutive au retour des djihadistes étant passés par la Syrie était connue." 

En juin 2014 je posais la quesion dans le blog : L'arrêt du "djihad autorisé" en Syrie relancera-t-il le "syndrome Merah". Je notais: "Après les récentes modifications apportées à la stratégie américano-européenne contre la Syrie, les "services" organisent le rappel d' auxiliaires djihadistes. La chose n'est pas facile et crée des frustrations. Le syndrome Merah est latent parmi des djihadistes privés de «combat sacré». 

http://www.algerieinfos-saoudi.com/2015/01/charlie-hebdo-chronique-d-un-massacre-annonce.html

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