Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Chemin de fer Congo-Océan: Spie-Batignolles doit rendre des comptes (Olivier Le cour Grandmaison et Louis-Georges Tin)

25 Mai 2013 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Colonisation, #Afrique, #Congo (Brazza)

Dans une interview au journal "Le Monde" du mardi 21 mai 2013, l'ex-PDG de Spie disait sa " fierté de ce qu'on avait fait dans le passé, de notre professionnalisme et de notre engagement dans nos aventures outre-mer." Remarquable, en effet. Voilà de quoi lui rafraîchir la mémoire sur les beautés de ce passé admirable.


L'universitaire Olivier Le Cour Grandmaison et le président du Cran Louis-Georges Tin demandent une commission d'enquête sur la mort de 17 000 « indigènes » soumis au travail forcé dans les années 1920 par la compagnie dont Spie-Batignolles est issue. A l'occasion de la Journée mondiale de l'Afrique, le 25 mai, ils posent plus généralement « la question des crimes coloniaux perpétrés dans le cadre de la colonisation française », qui « méritent réparation »


congo-ocean.jpg17 000 morts « indigènes » pour 140 kilomètres de voie ferrée. Tel est, en 1929, le bilan de la construction du chemin de fer Congo-Océan destiné à relier Brazzaville, la capitale de l’Afrique équatoriale française, à Pointe-Noire, située sur la côte Atlantique et que les autorités coloniales rêvent de transformer en un port majeur. Essentielle à la « mise en valeur » de cet immense territoire, comme on l’écrit à l’époque, la réalisation de ce projet doit permettre d’accélérer son développement économique et celui des villes concernées. Dans sa thèse soutenue en 1934, l’économiste Henriette Roussel, qui est parfaitement informée de la situation, affirme qu’en agissant de la sorte, la France honore « ses devoirs » envers les races noires qu’elle contribue à civiliser en les arrachant à leur primitivité. Plus encore, cette auteure précise que le travail obligatoire n’est pas une « iniquité » dès lors qu’il est soigneusement encadré, motivé par des considérations d’intérêt général, et conçu comme une « forme transitoire et éducative » adaptée à la mentalité fruste des « indigènes ». Admirable supplément d’âme, en effet.

Lire la suite sur Mediapart

 

(L'illustration a été choisie par le webmestre)

Partager cet article

Commenter cet article