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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Cinquantième anniversaire du massacre de Charonne (Collectif de militants du MRAP)

8 Février 2012 , Rédigé par Collectif de militants du MRAP Publié dans #Police Justice, #Colonisation, #Algérie (1830-1962), #MRAP expressions plurielles

Communiqué collectif de militants du MRAP

Alors que les déclarations du ministre de l’Intérieur sur les civilisations ont volontairement placé le débat politique sur le terrain idéologique de l’extrême droite, le cinquantième anniversaire du massacre de Charonne - le 8 février 1962 -rappelle  à quel point les gouvernements qui se prétendent démocratiques, n’hésitent pas à assassiner leurs propres citoyens lorsqu’ils expriment les revendications démocratiques les plus élémentaires. Ainsi les manifestants de ce 8 février 1962 étaient-ils présents pour « faire échec au fascisme » et «  imposer la paix en Algérie », et apporter leur soutien au peuple algérien en lutte pour son indépendance.

Alors même que la fin de la guerre était inéluctable, les accords d’Evian allaient être signés un mois et demi plus tard - le 18  mars -, la police sous les ordres de Maurice Papon (le même qui, pendant le régime de Vichy, avait participé à la déportation des Juifs de Bordeaux),  a réprimé avec une extrême violence des manifestants qui s’étaient réfugiés  au moment de la dispersion dans la bouche du métro  Charonne : bilan 9 morts.

L’année précédente, quatre mois auparavant, le 17 octobre 1961 avait vu un déchaînement particulièrement  raciste et brutal de la police – sous les ordres du même Papon -lors d’une manifestation pacifique d’Algériens, qui  fera, selon les estimations entre 200 et 400 morts,  dont certains jetés à la Seine. Plusieurs milliers de personnes, le soir même et les jours suivant cette manifestation,  seront victimes de rafles  et  de ratonnades de la part  de la  police de la République.

Après  le massacre de Sétif, le 8 mai 1945, le jour même  de la victoire sur le nazisme, les massacres coloniaux à grande échelle (Madagascar 1947…), ces deux événements qui se sont déroulés en plein Paris ne sont certes pas la marque d’une civilisation prétendument supérieure qui n’a toujours pas admis que la colonisation était un crime, d’une civilisation qui a permis qu’en 1966 un gouvernement  vote une loi d’amnistie couvrant les exactions de la police lors des manifestations du 17 octobre 61 et celle de Charonne du 8 février 62.

Ainsi les faits et les actes apportent-ils un désaveu cinglant aux propos indignes de l’actuel ministre de l’Intérieur qui se pose, comme le gouvernement et son parti l’UMP, en héritier de cette part honteuse de l’histoire de la France.

 

Le 8 février 2012

 

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