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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Congrès du MRAP 2012 : motion rejetée (7/8) sur le "racisme anti-blanc"

6 Avril 2012 , Rédigé par Webmestre Publié dans #"Racisme anti-blanc", #MRAP

 

Un « racisme anti blanc » aujourd’hui en France ?


Le MRAP condamne le « racisme anti blanc». S’il peut paraître évident que ce « racisme », comme tous les autres, doit être condamné, ce n’est pas aussi simple.

 

Tout d’abord, le mot « race » est très ambigu, car il ne relève plus de la biologie, comme au XIXème siècle (tout le monde sait que les « races » n’existent pas), mais d’une création culturaliste (cf. le choc des civilisations). La couleur n’existe pas naturellement, mais politiquement. Le « blanc » est dominant dans le rapport social d’oppression.

 

D’autre part, mettre sur le même pied le « racisme anti blanc » et les autres racismes ne tient pas l’analyse. En effet, qui peut croire, ou plutôt a intérêt à croire, que la haine raciste est de même nature, si l’on est dans la situation de dominé ou de dominant ?

 

Tout d’abord, l’histoire de l’esclavage, de la colonisation expliquent, en partie, le présent. Le regard, l’imaginaire esclavagiste et colonial demeurent dans les représentations postcoloniales en France. Par exemple, les « blancs », les « noirs » ne sont pas vus de la même manière car les uns ont un statut de dominant, même s’ils sont dominés économiquement. C’est à ce titre qu’ils peuvent être détestés. Ainsi, le « blanc » ne connait guère la discrimination raciste ; cette rupture d’égalité est insupportable pour ceux qui la vivent au quotidien dans le logement, à l’école, au travail, dans les loisirs, sans parler des contrôles au faciès. Le « blanc » est également vécu dans l’imaginaire comme un nanti, même si c’est faux.

 

Le racisme n’est pas simplement un rapport entre individus qui ont des préjugés (qu’il faut certes déconstruire) mais un rapport social de domination entre groupes. Le dominant produit le système raciste, le « racisme » des dominés est réactionnel. Memmi parle de « racisme édenté ». Le « racisme anti blanc » porte la haine d’un système. Les dominés savent qu’ils n’ont pas de place, pas d’avenir pour beaucoup. Certes, ils se trompent de combat.

D’ailleurs, l’extrême droite s’en est emparé depuis longtemps. En 1998, lors de l’université d’été du Front national, LePen parle de « racisme à l’envers ». C’est un retournement victimaire. Il se dédouane ainsi des accusations de racisme.


Le CL demande au MRAP de créer un groupe de travail pour approfondir l’analyse de cette question. D’autre part, le CL souhaite également que le MRAP soutienne les CL, en produisant des documents qui les aideraient à intervenir dans les quartiers défavorisés comme il en existe dans Paris XIX XX èmes, afin de déconstruire avec efficacité toutes ces haines, en les replaçant dans un rapport de domination.

 


Soumise au vote des militants, cette motion n'a pas été adoptée par le congès, qui a toutefois retenu le principe d'un groupe de travail.

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