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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Décès du poète égyptien Ahmed Fouad Negm

3 Décembre 2013 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Égypte, #Proche et Moyen-Orient

http://www.assawra.info/IMG/arton5397.jpg

 

Ahmed Fouad Negm est un poète égyptien né en mai 1929 et décédé le 3 décembre 2013.
Cet Ambassadeur des pauvres, selon les Nations Unies (2007), est connu pour ses poèmes révolutionnaires, surtout après la Guerre des Six Jours en 1967, et pour ses critiques virulentes envers les présidents égyptiens et les chefs arabes, ce qui lui a coûté 18 ans de prisons. Mais cela ne l’a pas empêché d’écrire des poèmes même en prison. Il a travaillé notamment avec son ami, Cheikh Imam, chanteur des pauvres.
Il est le père de la journaliste et militante des droits de l’homme et blogueuse égyptienne Nawara Ahmed Fouad Negm.

Ce poème, célèbre dans le monde arabe et ailleurs, composé dans les années 1970, n’a été mis en musique par Cheikh Imam qu’en 1973. Ainsi, il servait d’ouverture à tous les concerts de Cheikh Imam :

« Quand le soleil se noie dans une mer de brume,
Quand une vague de nuit déferle sur le monde,
Quand la vue s’éteint dans les yeux et les cœurs,
Quand ton chemin se perd comme dans un labyrinthe,
Toi qui erres et qui cherches et qui comprends,
Tu n’as plus d’autre guide que les yeux des mots. »

 

Écouter

 

Le poète Ahmed Fouad Negm, symbole de la poésie arabe engagée et critique acerbe des régimes successifs en Egypte, est mort mardi au Caire à l’âge de 84 ans, a annoncé à l’AFP l’un de ses proches.
L’intellectuel et éditeur Mohamed Hachem, l’un de ses plus proches amis, a annoncé le décès de cette icône panarabe de la contestation, compagnon de route du chanteur révolutionnaire Cheikh Imam, très prolifique durant les années 1970 et 1980.

Écoutez "Ya Falastiniya" (d’Ahmed Fouad Negm, interprété par le Cheikh Imam)


 

Des dizaines de personnes ont assisté à la mi-journée au Caire aux funérailles de celui qui était considéré comme le chantre des opprimés en Egypte et un des plus grands poètes en dialecte égyptien.
Le célèbre poète Zine El Abidine Fouad a déploré "l’énorme perte" d’un artiste "présent dans la rue depuis 1968 au moins", un homme "de toutes les luttes en Egypte", rappelant la participation d’Ahmed Fouad Negm à la révolte populaire du début 2011.
Lors des 18 jours de manifestations qui ont mis fin à trois décennies de présidence de Hosni Moubarak, Ahmed Fouad Negm s’était rendu sur l’emblématique place Tahrir du Caire, acclamé par une foule qui chantait et récitait ses poèmes.
Hamdeen Sabbahi, ex-candidat à la présidentielle et figure de la gauche égyptienne, a salué un poète ayant inspiré "des millions d’Egyptiens et d’Arabes", les appelant à "aimer l’équité et à haïr l’injustice" à travers son oeuvre, écoutée dans tous les mouvements contestataires arabes, notamment de la jeunesse, depuis les années 1970.
Ahmed Fouad Negm, né en 1929 dans la province égyptienne d’al-Charqiya, dans le delta du Nil, a passé au total 18 années de sa vie derrière les barreaux, où il a commencé à écrire ses poèmes, connus à travers tout le monde arabe, critiquant ouvertement et de façon sarcastique les dirigeants arabes.
Il n’avait cessé de dénoncer, notamment depuis la guerre israélo-arabe de 1967, les différents chefs d’Etat égyptiens, de Gamal Abdel Nasser jusqu’au président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée début juillet. En 2007, il avait été nommé "Ambassadeur des pauvres" par les Nations Unies, puis avait reçu en 2013 le Grand Prix Prince Claus décerné aux Pays-Bas.

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