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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

DOCUMENTAIRE - "Les faussaires de l'histoire" : généalogie du fait négationniste

16 Octobre 2014 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Antisémitisme et négationnisme, #Génocides

rafle vel d'hiv

Dans un documentaire percutant, Les faussaires de l’histoire , Michael Prazan et Valérie Igounet reviennent sur 60 ans d’histoire du discours négationniste, de son élaboration confidentielle à son émergence médiatique en passant par sa pénétration du champ universitaire.

Les deux documentaristes tentent ainsi de relever le défi délicat de concilier une approche à la fois concise et didactique avec une démarche plus engagée, mettant à jour la perversité d’un discours relativiste et fallacieux. Il s’agit d’abord de tracer les contours d’une entreprise intellectuelle déconcertante pour les historiens, qui consiste à remettre en cause l’histoire « officielle »  de la Shoah ; puis d’inscrire ce mouvement dans le temps long afin d’en dégager les principales mutations. En effet, loin d'être figé, le discours négationniste a su s'adapter aux évolutions sociales, juridiques et politiques jusqu' à trouver un souffle nouveau aujourd'hui.

Vie et destin du négationnisme

S’atteler à l’histoire du négationnisme revient à effectuer une plongée dans une galaxie marginale. Comme le montre bien le documentaire, le négationnisme est une idée qui émerge immédiatement après la fin de la Guerre, aux lendemains du procès de Nuremberg. En 1948, Maurice Bardèche publie Nuremberg ou la terre promise. Dans cet ouvrage, cet ancien collaborateur, théoricien du fascisme à la française, s’emploie à réhabiliter le régime nazi. Son objectif est simple : dédouaner le IIIème Reich de ses crimes. Son argument principal : le génocide perpétré à l’Est serait un mensonge, une vaste machination pour discréditer éternellement l’héritage hitlérien. Maurice Bardèche va même plus loin dans le renversement: le mensonge de la Shoah aurait été propagé à l’initiative des ses prétendues victimes, les Juifs.

Le négationnisme est donc une idée née dans la frange la plus radicale de ce qui restait de l’extrême-droite après la guerre. Mais cette idée va bénéficier d’un soutien aussi inattendu qu’inespéré avec le témoignage de Paul Rassinier, un socialiste libertaire déporté à Buchenwald pour acte de résistance. En publiant Le Mensonge d’Ulysse en 1950, Paul Rassinier devient l’alibi idéal pour l’extrême-droite, et, au-delà de son approche géopolitique paranoïaque proche de celle de Bardèche, c’est aussi le premier à remettre effectivement en doute l’existence des chambres à gaz. Les documentaristes ne s’y trompent pas ; en brossant le portrait de ces deux figures fondatrices, ils identifient ce qui a constitué la matrice idéologique du négationnisme : un antisémitisme viscéral doublé d’une délégitimation de l’état israélien.

Si ces publications ne rencontrent qu’un très faible écho dans l’opinion, elles vont constituer un socle sur lequel vont s’appuyer leurs successeurs, deux décennies plus tard. C’est en effet sous l’impulsion d’un professeur de littérature que le négationnisme va émerger médiatiquement et briser la barrière de la confidentialité.

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