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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Egypte : Révolution jusqu’où ?

1 Février 2011 , Rédigé par Militants du MRAP Publié dans #Égypte, #Proche et Moyen-Orient

Si l’on peut se féliciter dans un premier temps de la décision des responsables de l’armée égyptienne de ne pas faire couler de sang lors de la manifestation de ce mardi 1erfévrier, il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de questions se posent et à terme des ambiguïtés ne pourront demeurer très longtemps en l’état.

  • Contrairement au cas tunisien, l’armée, égyptienne a, depuis 1952 et la Révolution des officiers libres, représenté le pilier central du régime allant jusqu’à exercer de façon plus ou moins directe l’effectivité du pouvoir en fournissant la totalité des chefs de l’Etat qui se sont succédé depuis cette date.

  • La hiérarchie militaire égyptienne a été associée de près à la conduite des affaires, présente dans tous les rouages, ceux de l’Etat comme ceux de l ‘économie.

Comment expliquer dans ce cas que l’armée puisse « fraterniser » avec les contestataires et donner , par sa promesse de ne pas tirer sur la foule, un encouragement indirect à participer à la manifestation de ce jour.

Dans ce qui peut être considéré comme une habile campagne de séduction et/ou de promotion dont l’objectif est double – faire tout à la fois oublier leurs responsabilités dans l’état actuel de crise et sauver le régime – les hauts responsables militaires semblent tout autant agir avec sagesse - éviter un bain de sang- qu’avec calcul –se trouver débarrassé de Moubarak, devenu trop encombrant pour mieux tenter de sauver le régime et leurs intérêts, quitte à concéder quelques réformes pour faire baisser la pression populaire et éviter que la contestation ne passe à un stade supérieur, celui des institutions politiques, économiques et sociales.

Alors que les responsables militaires sont étroitement liés aux Etats-Unis, - l’armée égyptienne est au niveau financier sous perfusion étatsunienne- la prise de pouvoir en doiuceur par les militaires ne pourrait que satisfaire les Etats-Unis.

Pour paraphraser la célèbre formule du prince Salina dansle Guépard « Il faut que Moubarak change pour que rien ne change » et en particulier au niveau diplomatique où le soutien du Caire à la politique moyen-orientale de Washington revêt une importance capitale pour les Etats-Unis et ses alliés. Ainsi cette solution (une transition sans remise en cause essentielle) vise plus à sauver les intérêts des puissances occidentales et d’une caste qui agit pour se maintenir au pouvoir qu’à remettre en question les structures politiques et économiques de l’Egypte et à satisfaire les exigences démocratiques, sociales et matérielles de la majeure partie de la population qui se débat dans les difficultés économiques.

Responsable de la pauvreté extrême d’une grande partie de la population, un système que les militaires continueront sans nul doute à pérenniser soit seuls soit en partenariat avec des partis politiques dont la présence ne pourra donner qu’une caution démocratique en dehors de toute transformation sociale majeure. Là se trouve sans doute la limite de la mansuétude et la bienveillance des militaires.

Y.M. & A.V.

 

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