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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Enseignement du racisme vs éducation antiraciste ? (Emmanuel Debono)

11 Septembre 2014 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Racisme

antiracisme

Avant la seconde guerre mondiale, la question de la lutte contre les préjugés et le racisme n’est pas abordée dans le cadre scolaire. La remarque d’un député, Gaston Bergery, dans une correspondance datée de 1932, en dit assez long quant à la virginité du terrain : « J’ai proposé, voici longtemps déjà, qu’on mette l’affaire Dreyfus au programme de l’instruction secondaire : c’est une boutade, mais vous m’entendez, j’en suis sûr. » A l’époque où M. Bergery formule cette remarque, le racisme s’exprime librement dans les colonies comme en métropole, jusqu’à ce que le décret-loi Marchandeau contre la diffamation raciale (avril 1939) témoigne, très temporairement, à la veille de guerre, d’une préoccupation nouvelle des pouvoirs publics en la matière.

 

Sous l’Occupation, des personnels enseignants délivrent de manière transgressive un message à leurs élèves, les invitant à témoigner de la sympathie à l’égard de leurs camarades de confession israélite. Furtives et improvisées, les interventions n’en ont pas moins laissé un souvenir  impérissable à celles et ceux qui se trouvaient stigmatisés. Il serait audacieux d’y voir le point de départ d’un enseignement antiraciste dans un contexte de persécution étatique. C'est toutefois un fait que c’est bien au sein des établissements scolaires que l’on ressent alors la nécessité de toucher les consciences.

L’école, un nouveau champ d’action

Après l’hécatombe de la seconde guerre mondiale, les milieux antiracistes saisissent avec acuité les enjeux que représentent la classe, les programmes et les manuels scolaires face à la question du racisme. En avril 1951, le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (MRAP) dénonce ainsi certains manuels en vigueur en Algérie, qui véhiculent des préjugés. Ainsi l’ouvrage du professeur Augustin Bernard, Géographie universelle, établit que « les indigènes sont extrêmement conservateurs, traditionnalistes, imperméables, en quelque sorte, à notre civilisation ». Le même estime que « l’évolution mentale des indigènes est assez lente. Peut-être n’est-il pas à désirer qu’elle soit trop rapide… ».

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